‹ Théatre de PicardChapitre 98 sur 406 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

AUGUSTE. MADEMOISELLE DELORME

AUGUSTE

Que vois-je? mademoiselle Delorme chez mon oncle?

MADEMOISELLE DELORME

C'est vous, monsieur Auguste?

AUGUSTE

Et que venez-vous l'aire ici. L^rand Dieu !

MADEMOISELLE DELORME

Mon père se désole; il aflecte devant moi un air tranquille, mais je lis au fond do son àiiic J'ai profité du moment où il est allé chercher, presque sans espoir, de nouvelles ressources, pour venir à son insu solliciter encore....

AUGi:SIH.

Mon oncle! ah ! je crains hicii...

lis bLUALTCmiiS

MADKMOISRLLK DELORME.

Non, pas lui, je n'oserais jamais Taborder, lui parler; mais Mra<' Durville m'a témoigné, dans tous les temps, de rintérêt, de rafTection : si elle voulait parler pour nous à son mari.

AUGUSTE

Je me garderai bien de vous détourner de ce projet, je vous seconderai même. Ma tante, je le crois, a un bon cœur ; mais elle est si légère, si frivole, toujours si occupée do sa parure, de ses plaisirs...

Et cependant ce n'est point ime grâce si extraordinaire que nous demandons. Ouo dis-je? (Test Tintérêr même de M. Durville de nous accorder du temps. Il reste à mon père des ressources honorables et sûres dans son travail, dans son intelligence; M. Durville sera-t-il plus avancé en les lui enlevant? Il a des amis d'ailleurs, M. Franval. un fameux négociant de Marseille.

AUGUSTE

M. Franval, dites-vous?

MADEMOISELLE DELORME

C'est mon parrain, c'est notre bienfaiteur.

AUGUSTE

Mais il est en correspondance avec mon oncle, il fait beaucoup d'affaires avec M. Durville; c'est en effet un commerçant trè.s-estimé. Ses lettres annoncent la probité la plus sévère.

MADEMOISELLE DELORME

Eh bien, mon père lui a écrit, il lui a mandé son désastre: il fera tout pour nous sauver, j'en suis sûre.

AUGUSTE

Mon oncle a dû recevoir des nouvelles de M. Franval; mais il ne médit plus rien depuis que M. Duhautcours

Page 1