‹ Théâtre de Pierre CorneilleChapitre 169 sur 420 · Dénier, pour nier · texte numérisé non relu

Dénier, pour nier

Qu'il approuve sa mort, c'est ce que je dénie. {Cinna, 450.)

Comment, chétif mortel, vous déniez vos dettes ! (Regnard, le Bal, se. xiu.)

135. Ces pluriels des noms abstraits sont familiers à Corneille. 139. « Ces dissertations, dont les phrases commencent presque toujours par comme, et dont l'auteur a rempli ses tragédies, sont une de ces habitudes qu'il avait prises en écrivant ; c'est la manière du peintre. » (Voltaire.)

144. Il y a ici une sorte de jeu de mots; car toucher le cœur est pris au figuré, et toucher la main au propre. Au reste, ces subtilités assez alambiquées sont imitées de l'espagnol, dont nous empruntons la traduction à l'édition Régnier : « Souffrez, madame, que cette main vous relève... si je suis digne d'être l'Atlas d'un ciel incomparable. — Puisqu'il vous est d mné de le toucher, vous devez être Atla* sans doute. — C'est une chose de parvenir, une autre de mériter. Qu'ai-je gagné à toucher la beauté qui m'enflamme, si je n'ai obligation de cette faveur qu'au hasard et non à votre volonté ? De cette main, il est vrai, j'ai pu toucher le ciel ; mais que m'en revient-il, si c'est parce que le ciel est tombé, et non pas que j'aie été élevé jusqu'à lui ? — A qu"lle fin prend-on la peine de mériter ? — Afin de parvenir. — Mais parvenir sans passer par les moyens, n'est-ce pas heureuse fortune ? — Oui. — Pourquoi donc vous plaindre du bien qui vous est advenu, si, n'ayant pas eu à le mériter, vous n'en avez que plus de bonheur ? — I C'est que, les intentions étant ce qui donne leur mérite aux actes, soit de faveur, ,• soit de dommage, votre main que j'ai touchée n'est pas une faveur pour moi, si vous l'avez souffert, et que tel n'ait pas été votre choix. Souffrez donc mou ' regret de penser qu'en ce bonheur qui mVst échu j'ai rencontré la main sans le cœur, la faveur sans la volonté. » Si raffinée et quintessenciée que soit cette scène de Corneille, il nous parait qu'Alarcon le laisse loin derrière lui.

148. Var. Le mien ne brûle pas du moins si promptement. (ÎGU-IGSG.'

Mais peut-être, à présent que j'en suis avertie,

Le temps donnera place à plus rie sympathie. 15(

Cenfessez cependant qu à tort vous murmurez

Du mépris de vos feux, que j'avais ignorés.

Page 1