‹ Théâtre de Pierre CorneilleChapitre 170 sur 420 · DORANTE, CLARICE, LUCRÈCE, ISABELLE, CLITON · texte numérisé non relu

DORANTE, CLARICE, LUCRÈCE, ISABELLE, CLITON

DORANTE

C'est l'effet du malheur qui partout m'accompagne.

Depuis que j'ai quitté les guerres d'Allemagne,

CVsl-à-dire du moins depuis un an entier, 4oo

Je suis et jour et nuit dedans votre quartier;

Je vous cherche en tous lieux, au bal, aux promenades;

Vous n'avez que de moi reçu des sérénades,

Et je n'ai pu trouver que celte occasion

A vous entretenir de mon affection. 160

Quoi! vous avez donc vu l'Allemagne et la guerre?

DORANTE

Je m'y suis fait quatre ans craindre comme un tonnerre.

cliton, à part.

Que lui va-t-il conter?

DORANTE

Et durant ces quatre ans Il ne s'est fait combats ni sièges importants, Nos armes n'ont jamais remporté de victoire, i6

Où cette main n'ait eu bonne part à la gloire. Mes faits par la gazette en tous lieux divulgués...

154. Ici s'ouvre la série des brillants mensonges de Dorante, et Corneille, qui a suivi de f'»rt prés Alarcon dans la BOène précédente, reprend l'avantage. Garcia n'a pas le ton léger ni l'air conquérant de Dorante : il se prosente à Jacin comme an riche créole péruvien, <'t appuie ses galantes déclarations d'offres assi peu délicates, il esl wai que Jacinta refuse d'accepter les bijoux qu'il lui prosj avec une prodigalité facile.

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