‹ Théâtre de Pierre CorneilleChapitre 230 sur 420 · Chaleur, toute passion violente · texte numérisé non relu

Chaleur, toute passion violente

Vous pardonnerez donc ces chaleurs indiscrètes. (Rodogune, 1467.)

L'irréparable effet d'un*- chaleur trop prompte

Dcslionoiait mon père .-t me couvrait de honte. (Cid, 873.)

Ta v. itu met ta gioire au-dessus de ton crime :

Sa chaleur généieuse a produit ton forfait, [llorace, 1751.)

841. Fidèle, se rapportant à une chose, à quoi l'on peut se fier :

Ma haine est trop fidèle et m'a trop bien servie. (Rodogune, 1812.)

843. Il y a tes clans toutes les éditions publiées du vivant de Corneille, bien qu'AIcippe d'ordinaire ne tutoie pas Dorante. L'impression de 1692 donne vos.

Clarice à la servir ne serait pas moins prompte.

Mais dis : par sa fenêtre as-tu bien vu Géronte ? 850

Et sais-tu que ce fils qu'il m'avait tant vanté

Est ce même inconnu qui m'en a tant conté?

ISABELLE

A Lucrèce avec moi je l'ai fait reconnaître;

Et, sitôt que Géronte a voulu disparaître,

Le voyant resté seul avec un vieux valet, 855

Sabine à nos yeux même a rendu le billet.

Vous parlerez à lui.

Qu'il est fourbe, Isabelle!

ISABELLE

Eh bien! cette pratique est-elle si nouvelle?

Dorante est-il le seul qui, de jeune écolier,

Pour être mieux reçu s'érige en cavalier? 860

Que j'en sais comme lui qui parlent d'Allemagne,

Et, si l'on veut les croire, ont vu chaque campagne,

Sur chaque occasion tranchent des entendus,

Content quelque défaite et des chevaux perdus;

Qui, dans une gazette apprenant ce langage, 865

S'ils sortent de Paris, ne vont qu'à leur village,

Et se donnent ici pour témoins approuvés

De tous ces grands combats qu'ils ont lus ou rêvés!

Il aura cru sans doute, ou je suis fort trompée,

Que les filles de cœur aiment les gens d'épée; 870

Et, vous prenant pour telle, il a jugé soudain

Qu'une plume au chapeau vous plaît mieux qu'à la main

852. En conter s'emploie, même dans la tragédie, dans le sens de courtiser :

Qui veut vivre aimé n'a qu'à vous en conter. (Pertharite, 190.)

On a déjà remarqué combien peu de parti a tiré Corneille de cette reconnaissance, à peine indiquée par un jeu de scène.

857. Vous parlerez à lui pour vous lui parlerez ; voyez la note du vers 423. 860. Sur ce mot de cavalier, consulter la note du vers 7. 863. Trancher de ou du, prendre des airs, jouer le râle de :

Tranchant du généreux, il omit m'épouv&nter. (Polycuctc, I4C7.) Qui tranche trop du roi ne régne pus longtemps. (Nicomcdc, 749.)

867. Approuver signifie parfois autoriser par un acte authentique, officielle* ment enregistré; par suite, un « témoin approuvé » sera un témoin authentique. dont le témoignage inspire confiance. — Sur ce ridicule des gens du monde qui se font passer potfr des gens de guerre, voyez, la note du vers 331.

872. Cette antithèse entre la plume de l'écrivain ot la plume qui flotte an chapeau d'un gentilhomme n'étuil pas nouvelle à l'époque où écrivait Corneille. Avec son emphase de matamore, S«mi lérv on I' 'tait appliquée à lui-même et avait dédaigneusement sacrifié la première à la seconde.

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