‹ Théâtre de Pierre CorneilleChapitre 231 sur 420 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

Ainsi donc, pour vous plaire, il a voulu paraître,

Non pas pour ce qu'il est, mais pour ce qu'il veut être,

Et s'est osé promettre un traitement plus doux 875

Dans la condition qu'il veut prendre pour vous.

En matière de fourbe, il est maître, il y pipe;

Après m'avoir dupée, il dupe encore Alcippe.

Ce malheureux jaloux s'est blessé le cerveau

D'un festin qu'hier au soir il m'a donné sur l'eau. 880

Juire un peu si la pièce a la moindre apparence.

Alcippe cependant m'accuse d'inconstance,

Me fait une querelle où je ne comprends rien.

J'ai, dit-il, toute nuit souffert son entretien :

Il me parle de bal, de danse, de musique, 885

D'une collation superbe et magnifique,

Servie à tant de plats, tant de fois redoublés,

Que j'en ai la cervelle et les esprits troublés.

ISABELLE

Reconnaissez par là que Dorante vous aime,

Et que dans son amour son adresse est extrême : 890

874. Etre et paraître, encore une autre antithèse faite pour séduire Corneille : *ar il avait connu à ses dépens plus d'un de ces Gascons — fussent-ils du Barre — qui inspiraient, au xvi° siècle, à Agrippa d'Aubigné la plaisante satire ou le baron de Faeneste (oaivetrOai) s'oppose au bonhomme Ené (eTvai).

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