‹ Théâtre de Pierre CorneilleChapitre 242 sur 420 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

claricr, à Lucrèce.

fait pièce nouvelle ; écoutons.

DORANTE

Cette adresse

conservé mon âme à la belle Lucrèce, 1010

;, par ce mariage au besoin inventé, ii su rompre celui qu'on m'avait apprêlé. àmez-moi de tomber en des fautes si lourdes, ppelez-moi grand fourbe et grand donneur de bourdes : ais louez-moi du moins d'aimer si puissamment, 1015

ï joignez à ces noms celui de votre amant.

fais par cet hymen banqueroute à tous autres ; évite tous leurs fers pour mourir dans les vôtres, ,, libre, pour entrer en des liens si doux,

me fais marié pour toute autre que vous. 1020

btre flamme en naissant a trop de violence, , me laisse toujours en juste défiance, î moyen que mes yeux eussent de tels appas )ur qui m'a si peu vue et ne me connaît pas ?

DORANTE

ne vous connais pas! vous n'avez plus de mère; 1025

iriandre est le nom de monsieur votre père ; est homme de robe, adroit et retenu ; x mille écus de rente en font le revenu ; )us perdîtes un frère aux guerres d'Italie; >us aviez une sœur qui s'appelait Julie, 1030

ms connais-je à présent? dites encor que non.

1009. Sur pièce, dans le sens de tromperie, voyez la note du vers 881. 4014. « Cette expression est aujourd'hui un peu basse ; elle vient de l'ancien t bourdeler, bordeler, qui ne signifiait que se réjouir. » (Voltaire.) MM. Diez et ,tré font dériver au contraire bourde de bekorder, jouter à la lance, d'où, par :ension de sens, jeu, pure raillerie, mensonge.

4017. Voyez le vers 4 sur faire banqueroute, au figuré; observez encore la jpression de l'article avant autres.

1020. On lit toute autre, dit M. Marty-Laveaux. dans les éditions de 1G48î0.

1027. Retenu, participe pris adjectivement, modéré, sage, circonspect :

Retenu, vigilant, soigneux et ménager. (Régnier, Satire V.)

Il m'a paru, seigneur, si froid, si retenu. (Surèna, III. t.)

Non, non, dans leur discours ils sont plus retenus. (Britannicus, IV, iv.)

1028. Voilà un détail qui préoccupe beaucoup Dorante, mais qu'il a peut-être t de préciser ici.

1031. Vous connais-je; ces tournures, qui commencent à devenir plus rares, dent des plus usitées au xvn* siècle, même en bien des cas où elles nous semraient étranges aujourd'hui :

A quoi perds-je le temps? que n'entré-je chez nous? (Rotrou. Sosies, I, m.) Qu entends- je ? quel pàrais-je ? et qui suis-je aujourd'hui? (Ibid, IV, H.)

clarice, à Lucrèce.

Cousine, il te connaît, et t'en veut tout de bon.

luchèce, à part.

Plût à Dieu !

clarice, à Lucrèce.

Découvrons Je fond de l'artifice.

(A Dorante.) J'avais voulu tantôt vous parler de Clarice. Quelqu'un de vos amis m'en est venu prier. 103a

Dites-moi, seriez-vous pour elle à marier?

DORANTE

Par cette question n'éprouvez plus ma flamme.

Je vous ai trop fait voir jusqu'au fond de mon âme,

Et vous ne pouvez plus désormais ignorer

Que j'ai fait cet hymen afin de m'en parer. 104C

Je n'ai ni feux ni vœux que pour votre service,

Et ne puis plus avoir que mépris pour Clarice.

Vous êtes, à vrai dire, un peu bien dégoûté ;

Clarice est de maison, et n'est pas sans beauté ;

Si Lucrèce à vos yeux paraît un peu plus belle, 1043

De bien mieux faits que vous se contenteraient d'elle.

DORANTE

Oui, mais un grand défaut ternit tous ses appas.

Quel est-il, ce défaut?

DORANTE

Elle ne me plaît pas,

rit.

1033. Parun artifice habile et destine à pallier ce que le dénouement aura d<

Eeu agréable, même de pénible, Corneille nous montre l'inclination naissante ucrèce pour Dorante, qui lai-même bientôt ne semblera pas insensible au méi de celle qu'il devra épouser, un peu malgré lui.

1030. C'est-à-dire: seriez-vous un parti pour elle? accepteriez-vous sa mai ètes-vous libre de tout autre engagement .' l'Are à marier se dit plus généraient! des femmes.

1040. Sur le sens de se parer, se couvrir, s'armer (d'un prétexte), voyez la no!. du vers 704.

1043. Unpcubicn, qui se retrouve au vers 1328, s'employait même dans l.i tra

gédie :

J'y trouvorai. comme elle, un joug un peu bien ruilo. (Othon, 902.)

1044. Être de maison, équivalait à être de grande mai on, de lionne maison et l'on Taisait même de cette expression un emploi prétentieux et abusif que railL Boureault :

Connnissez-vous leurs bien*, leurs emplois, leurs famille* ?

i mis familles '■' sh ! il ! perdes vom la raison ' Lei voudrai* Je souffrir s'ils n'étaient de mai non .' Qui vous fait présumer en mol tant de falbl FamUU est bourgeoisie, et iiinismi est noblesse. (Le* mot» à ta mode, III.

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