SCENE VI
DORANTE, CLITON
Eh bien ! vous le voyez, l'histoire est découverte. 1065
1054. C'est hasard si, ellipse pour : ce sera un grand hasard si : « C'est hasard si je les conserve, » a dit La Fontaine. (Fables, V, xvm.) Sur ce passage, à peu près traduit de l'espagnol, voyez plus haut note du vers 966.
1050. « Vous couchez d'imposture. Cette manière de s'exprimer n'est plus admise: elle vient du jeu. On disait: couché de vingt pistoles, de trente pistoles, couché belle. » (Voltaire.) On disait aussi coucher gros, pour: mettre un gros enjeu, jouer gros jeu (coucher de l'argent sur une carte,) au propre, et au figuré, avancer quelque chose d'extraordinaire, delà cette locution de coucher d'imposture pour payer d'imposture.
Tu couches d'imvosturc et tu m'en as donné. (Molière. Etourdi, I, x.) Je coucherai de feux, de sanglots, de martyre. [Suite du Menteur, 22i.)
1064. « Celte scène ne peut réussir, elle est trop forcée ; il était naturel que Clarice lui dit : C'est moi que vous avez trouvée au Tuileries; yous devez recon-
DORANTE
Ah ! Cliton ! je me trouve à deux doigts de ma perte.
Vous en aurez sans doute un plus heureux succès,
Et vous avez gag-né chez elle un grand accès.
Mais je suis ce fâcheux qui nuis par ma présence,
Et vous fais sous ces mots être d'intelligence. 1070
DORANTE
Peut-être : qu'en crois-tu ?
Le peut-être est gaillard.
DORANTE
Penses-tu qu'après tout j'en quitte encor ma part, Et tienne tout perdu pour un peu de traverse?
Si jamais cette part tombait dans le commerce,
Et qu'il vous vînt marchand pour ce trésor caché, 1075
Je vous conseillerais d'en faire bon marché.
DORANTE
Mais pourquoi si peu croire un feu si véritable ?
A chaque bout de champ vous mentez comme un diable.
naître ma voix, et alors tout était fini. » (Voltaire.) La scène est piquante, et réussit au théâtre, quoiqu'en dise Voltaire ; maison sent l'artifice.
10G0. M. Marty-Laveaux note cet exemple de l'accord remontant jusqu'au sujet de la proposition principale je suis, passant par-dessus l'antécédent véritable du relatif, antécédent qui est de la troisième personne, ce fâcheux, et semblerait entraîner : qui nuit par sa présence.
1070. Sur ce passage, qui fait évidemment allusion à un passage antérieur, voyez la note du vers 350.
1072. Quitter sa part d'une chose, c'est y renoncer, proprement, l'abandonner à un autre, comme on dit quitter sa place à quelqu'un :
Je u'en eusse quitte ma part pour un empire. (La Fontaine, Fables, XII, xtl.)
« L'on ne quitte point .sa part de la fortune, quand on a des raisons d'y prétendre. » (Mme de Sévigné, 13 mars 1680.) Ce qui est remarquable en ce vers, c'est moins cette locution, conservée au xvme siècle, que le sens 11011111' au mot encore, pour déjà. Comme le remarque M. Marty-Laveaux, encore n'a plus ce sens lorsqu'il n'est pas accompagné d'une négation; mais on dit fort bien, je n'en quitte point encore ma part.
1073. Traverse, dans le sens d'obstacle, difficulté qui traverse nos désirs, affliction, est beaucoup plus souvent employé au pluriel :
Vit-on jamnis un sort dont les rades tram-srs
Priaient en moins de rien tant «le faeei diverse! ? (Horace, IV, iv.)
Le temps «lu vrai mérite esl celai des traverses. (Imitation, I, xxil.)
1075. Var. Qnel«|no espoir dont l'appât vous endorme ou 70ns bereei
Si vous trouviez marchand pouf BB trésor caché. (1G44-I
1078. On «lit plutôt aujourd'hui a tout bout de champ ; dans sa Satire X, Régnier a dit aussi: «« a Chaque bout de champ. »