SCENE IV DORANTE, CLITON
DORANTE
Je crains peu les effets d'une telle menace.
1582. Corneille écrivait, avec ses contemporains: plus de conte. Ce reproche si poignant de Géronte est déjà. dans l'espagnol:
No te corres desto? Di :
No te avei gtienza que hayas Menester ijue tu eriado Acred te lo que hablas?
1585. Il aime trop à le dire, et peut-être l'est-il trop en effet.
1590. Sur assurer, voyez la note du vers 1381.
1502. Je hasarde, absolument : je vais au hasard, je suis dans l'incertitude :
Hasardons ; je ne vois que ce conseil à prendre. (Théodore, I, ni.) 1507. Je jure, activement, j'atteste, je prends à témoin :
Moi, je jure des dieux la puissance suprême. (Pompée, 1405.") C'est le même serment que fait le vieil Horace, dans son indignation paternelle :
J'attestr; des grands dieux les suprêmes puissances
Qu'avant ce jour fini, ces mains, ces propres mains
Laveront dans son sang la honte des Romains. (Horace, III, vi.)
1598. Que, autrement que, tournure très fréquente au xvns siècle.
Vous vous rendez trop tôt, et de mauvaise grâce ;
Et cet esprit adroit, qui Ta dupé deux fois,
Devait en galant homme aller jusques à trois :
Toutes tierces, dit-on, sont bonnes ou mauvaises. 1605
DORANTE
Cliton, ne raille point, que tu ne me déplaises: D'un trouble tout nouveau j'ai l'esprit agité.
N'est-ce point du remords d'avoir dit vérité?
Si pourtant ce n'est point quelque nouvelle adresse ;
Car je doute à présent si vous aimez Lucrèce, 1610
Et vous vois si fertile en semblables détours,
Que, quoi que vous disiez, je l'entends au rebours.
DORANTE
Je l'aime ; et, sur ce point, ta défiance est vaine :
Mais je hasarde trop, et c'est ce qui me gêne.
Si son père et le mien ne tombent point d'accord, 1615
Tout commerce est rompu, je fais naufrage au port.
Et d'ailleurs, quand l'affaire entre eux serait conclue,
Suis-je sûr que la fille y soit bien résolue?
J'ai tantôt vu passer cet objet si charmant;
Sa compagne, ou je meure, a beaucoup d'agrément. 1620
1604. Cet esprit, en galant homme, tournure peu nette et même peu correcte. 1005. « Cette plaisanterie est tirée de l'opinion où l'on était alors que le troisième accès de fièvre décidait de la guérison ou de la mort. » (Voltaire.) 1000. Que tu ne me déplaises, de peur de me déplaire :
Fuyez, qu'il ses soupçons il ne vous sacrifie. (Mèdcc, 330.)
1008. Vérité, sans article: voyez le vers 045 et la note.
1000. Adresse a souvent le sens de feinte, finesse, ruse; Molière et Racine l'emploient même au pluriel :
L'avis de Laonlce est sans doute une adresse. [Rodooune, 80;).)
Il t'amlra i|ne mon homme ait do grandes adresses. (Ecole des femmes, IV, v.)
Sa haine sait cacher ses trompeuses adresses. (Mithridate, I. G.)
1614. Comme au vers 1622, gêner a ici un sens très fort, qui s'est bien affaibli depuis. Le Dictionnaire de Nicot traduit gêner par torquerc, torturer; l'élymo* logie est géhenne, vieux mot tiré de la Bible, qui signifie torture, prison. Quand Emilie dit à Cinna : C'est trop me gêner, parle (III. iv), elle est torturée de l'idée que Cinna va trahir sa cause. C'est aussi d'une \iaie souffrance, et non (l'un simple embarras, que Pyrrhus parle, lorsque Racine lui fait dire à Andromaquc : « Ah! que vous me gênez ! »
1017. Var. — Et qui sait si, d'ailleurs, lu Taire ontro eux conclue Rencontrera sitôt la fille résolue? (1844-1066).
1010. Sur tantôt soyez la noie du \ers 835.
1620*. Ou je meure; voir sur celle locution la note du vers 485. — Avoir de l'agrément, c'est être agréable, avoir de la grâce. Il est curieux de remarque* ici, en même temps que la légèreté de Dorante, incapable <le se fixer, l'artifice «1 ii poète — avoue par lui-même dans sou Examen - pour rendre moins cho-