ACTE V, SCÈNE IV
Aujourd'hui que mes. yeux l'ont mieux examinée, De mon premier amour j'ai l'âme un peu gênée : Mon cœur entre les deux est presque partagé, Et celle-ci l'aurait, s'il n'était engagé.
Mais pourquoi donc montrer une flamme si grande, 1625
Et porter votre père à faire une demande?
DORANTE
Il ne m'aurait pas cru, si je ne l'avais fait.
Quoi! même en disant vrai, vous mentiez en effet?
C'était le seul moyen d'apaiser sa colère.
Que maudit soit quiconque a détrompé mon père! 1630
Avec ce faux hymen j'aurais eu le loisir
De consulter mon cœur, et je pourrais choisir.
Mais sa compagne enfin n'est autre que Clarice.
DORANTE
Je me suis donc rendu moi-même un bon office.
Obi qu'Alcippe est heureux, et que je suis confus! 1635
Mais Alcippe, après tout, n'aura que mon refus.
N'y pensons plus, Cliton, puisque la place est prise.
Vous en voilà défait aussi bien que d'Orphise.
DORANTE
Reportons à Lucrèce un esprit ébranlé,
Que l'autre à ses yeux même avait presque volé. 1640
Mais Sabine survient.
Î uant le dénouement qui résultera de la méprise de Dorante. Mais aussi, si orante a du penchant pour Lucrèce, sa punition ne sera ni si plaisante, ni si complète; ce ne sera même pas une punition, mais bien plutôt la réalisation da ses désirs secrets. Par là, le dénouement semblera plus froid : « S'il ne se soucie d'aucune, dit avec raison Voltaire, qu'importe celle qu'il aura? »
1628. « Voilà une excellente plaisanterie, qui prépare le dénouement de l'intrigue. » (Voltaire.)
1636. hefiis, comme rebut, très usité aussi en ce sens chez les classiques, s'applique parfois, non pas à l'action de refuser, mais à la personne ou à la chose que l'on refuse; M. Marty-Laveaux n'indique pas ce sens particulier :
Est-ce vous offenser que m'offrir vos refus.
Et vous doit-il un eœur dont vous ne voulez plus? (Tite et Bérénice, LU, 2*
{640. Sur mêmCf sans accord, voyez la note du vers 1454.
ir.O LE MENTEUR