‹ Théâtre de Pierre CorneilleChapitre 275 sur 420 · SCÈNE V DORANTE, SABINE, CLITON · texte numérisé non relu

SCÈNE V DORANTE, SABINE, CLITON

DORANTE

Qu'as-tu fait de ma lettre ?

En de si belles mains as-tu su la remettre?

SABINE

Oui, monsieur; mais...

DORANTE

Quoi, mais?

SABINE

Elle a tout déchiré.

DORANTE

Sans lire?

SABINE

Sans rien lire.

DORANTE

Et tu l'as enduré?

Ah! si vous aviez vu comme elle m'a grondée! 1645

Elle me va chasser, l'affaire en est vidée.

DORANTE

Elle s'apaisera ; mais, pour t'en consoler, Tends la main.

SABINE

Hé! monsieur!

DORANTE

Ose encor lui parler :

Je ne perds pas sitôt toutes mes espérances.

Voyez la bonne pièce avec ses révérences I 1650

1642. « Cette scène participe de cette froideur causée par l'indifférence de Dorante. Il demande avec empressement comment <>u a reçu la lettre écrite à une personne qu'il n'aime guère, et qu'il appelle ce citer objet. » (Voltaire.)

1640. L'affaire en est vidée, la chose est arrêtée, conclue; voyez le vers 1140 et la note. M. (iodefroy juge eette expression impropre ici.

1650. Pièce, qui signifie, au propre, morceau, se dit Qgurémenl des choses, dans le sens de tromperie (on en a vu plusieurs exemples) et des personnes, dans un sens analogue à celui d'hypocrite : « Taisez-vous, bonne pièce; vous laites la sournoise, mais je vous connais. » (fleort/es Dandin, I, vi.) Sans adjectif, pièce reprend son sens primitif de morceau, objet :

Apprends ai«si de moi que ta raison l'ènre.

Que Mélite est pas une }>iëcc si rare. {Milite, 966.)

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