‹ Théâtre de Pierre CorneilleChapitre 288 sur 420 · DiiCOUTi <lf la litti/cdie · texte numérisé non relu

DiiCOUTi <lf la litti/cdie

2- M. I> si.inliiis ,i écrit un livro i 1 1 1 i 1 1 1 1 ■ '• : Cortuillt historien .

::. Baint-Evremond, Dtitertation sw la tragédie de llncine intitulée ilexandeé h- Grand (1666).

parfaite *. « Il m'était beaucoup moins permis dans Horace et dans Pompée, don! les histoires ne sont ignorées de personne, que dans Rodogune et dans Nicomède, dont peu de gens savaient les noms avant que je les eusse mis sur le théâtre. » Si donc il s'est permis de modifier le dénouement que l'histoire semblait imposer à la tragédie, c'est qu'usant d'une liberté légitime, il a cherché et trouvé un dénouement plus propre, selon lui, à produire un effet dramatique : « Cela fait deux effets : la punition de cette impitoyable mère laisse un plus fort exemple, puisqu'elle devient un effet de la justice du ciel, et non pas de la vengeance des hommes. D'un autre côté, Antiochus ne perd rien de la compassion et de l'amitié qu'on avait pour lui, qui redouble plutôt qu'elle ne diminue, et enfin l'action historique s'y trouve conservée, malgré ce changement, puisque Cléopâlre périt par le même poison qu'elle présente à Antiochus. »

C'est la règle des trois unités, tout récemment découverte, qui fut le principal souci du vieux Corneille. Rodogune se conformait-elle à cette règle que son auteur n'avait pas toujours connue? Grave sujet d'embarras. Corneille parle peu de l'unité d'action; sur ce point, il croit snns doute qu'une lecture de sa pièce suffit à la justifier ; lorsqu'il s'explique, ses explications ne sont pas fort nettes, du moins dans la forme, assez embarrassée : « Si on me demande, écrit-il 2, ce que fait Cléopâtre dans Rodogune^ depuis qu'elle a quitté ses deu^ fils au second acte jusqu'à ce qu'elle rejoigne Antiochus au quatrième, je serai bien empêché à vous le dire, et je ne crois pas être obligé à en rendre compte; mais la fin de ce second prépare à voir un effort de l'amitié des deux frères pour régner et dérober Rodogune à la haine envenimée de leur mère. On en voit l'effet dans le troisième, dont la fin prépare encore à voir un autre effort 6" Antiochus pour regagner ces deux ennemies l'une après l'autre, et à ce que fait Séleucus dans le quatrième, qui oblige cette mère dénaturée à résoudre et faire attendre ce qu'elle tache d'exécuter au cinquième. » Ainsi, de l'avis de Corneille, la touchante amitié des doux frères est le principal ressort de faction, dont le fond est la haine de Cléopâtre contre Rodogune.

Nulle part, même dans son Examen, il ne semble préoccupé

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