J Avecque, forme alors usitée d'avec
Après, ne me réponds qu'avecqtie cette épée.
(Cïc/, III.VI.
Lui rendre Nicomède avecque ma couronne.
[NicomMc, V, v.)
Molière, Boileau, Racine même, du moins dans ses premières pièces, ont écrit avecque en certains cas. Selon Ménage, avecque doit précéder les mots commençant par une consonne; Vaugelas distingue entre ces mots, mais est d'avis qu'on doit écrire avec devant une voyelle. Corneille, fait remarquer M. Marty- Laveaux, en supprimant avecque dans presque tous les passages ou il l'avait d'abord mis, a contribué plus que tout autre à faire abandonner cette l'orme; à partir de 1650, il n'écrit plus qu'arec.
1797. Faite son effort à, construction assez peu fréquente, pour s'efforcer de:
Celui qui doit vous perdre ainsi, malgré son sort, A s'approcher de vous fait encor son effort.
[Don Sanclie, v. 976.)
1799. Comme le fait observer Voltaire, on ne dit guère : J'ai de l'adress* pour moi; il fallait peut-être dire : soit intérêt pour elh. Voyez pourtant au v. 803 adresse pris dans un sen< remarquable et à peu près analogue.
1800. On aime à retrouver ici Antiochus, toujours prêt à justifier tout le monde, comme plus bas à secourir Cléopâtre, qui a voulu l'empoisonner.
1802. Cette expression figurée, un abîme d'ennuis, semble aujourd'hui manquer d'énergie et même de propriété : car, si abîme est fort, ennui est faible ; mais plusieurs exemples nous ont appris combien le sens de ce mot a perdu de sa force primitive»
210 RODOCl \F
Altendanl qu'en plein jour ces vérités paraissent, .l'en laisse la vengeance aux Dieux qui les connaissent, El vais sans plus tarder...
RODOGUN i: .
Seigneur, voyez ses yeux isOo
Déjà tous égarés, troub'es et furieux, Cette affreuse sueur qui court sur son visage, Cette gorge qui s'enfle. Ah ï bons Dieux! quelle rage! Pour vous perdre après elle elle a voulu périr.
ANTiOCHUS, rendant la coupe a I.aonice ou à quelque autre.
N'importe: elle est ma mère, il faut la secourir. 1810
C LÉOPATRE .
Va, tu me veux en vain rappeler à la vie;
Ma haine est trop fidèle, et m'a trop bien servie :
Elle a paru trop tôt pour te perdre avec moi;
C'est le seul déplaisir qu'en mourant je reçoi :
Mais j'ai cette douceur dedans cette disgrâce 1845
De ne voir point régner ma rivale en ma place.
Règne: de crime en crime enfin te voilà roi.
1806. Tout tgarés se lit pour la première fois dans l'édition que Tnomas Corneille donna des œuvres de son frère en 1692 ; mais toutes les autres éditions, publiées du vivant de Corneille, portent : tons égarés. L'accord do toul avec le nom était d'usage, presque de règle, au xvuc siècle, et Ménage le défend contre Vaugelas :
Un excès de plaisir nous rend tons languissants.
(Cul, v. 1351.)
1807. Courir est pris ici pour couler, comme dans le Cid :
Et nous faisons courir des ruisseaux de leur sang. (v. 1891.]
1814. Sur cette suppression de l'a dans reçoî, voyez la note du v. 1485,
1815. On a dé à vu dedans pour dam, et on le reverra au v. 1821. Diêgrdée n'était pas alors si faible que le croit Voltaire : on l'employait pour désignât i x ri malheur, un chagrin véritable :
Et qui peut mieux que vous consoler sa disfp-âcef
{Racine, BMnice, III, II.)
La mort n'e >t point pour moi le comblo des disgrâces.
[l'.aiii.tl, U, m.)
1817. Entre ce vers et le précédent, il y avait, dans les premières édition jusqu'en 1M8, huit vers supprimés depuis, et que Voltaire, suivi par M. Geruzez, déclare à tori n'exister « dans aucune édition connue » :
Je n'aimais 0*0 I'' troue, et «le son droit doUteUX J'espi rais finie un don failli à ions les deux,
Détruire l'un par l'autre, el régner en S\rn-
l'Iinoi par vos fureurs que par nia barbarie.
ion frère, atecqne toi trop fortement uni,
\e m'a peint écoutée, el y 1.11 ai puni.
J'ai cru par ce poison en l'aire autant «lu reste ;
ItaiS sa foice, trop pnanpie, à moi seule est fumeur
* Corneille supprima ces vers avec grande falson. l'ne femme empoisonnée.
ot mourante n'a pas le temps d'entrer dans ces détails; et une Fétntne aussi
ACTK V, SCÈNE IV. -Ml
Je L'ai défait d'un porc, et d'un frère, et de moi :
Puisse le ciel tous deux vous prendre pour victime.-;,
Kt I. lisser choir sur vous les peines de mes crimes! 4H20
Puissiez-vous oe trouver dedans votre union
Qu'horreur, que jalousie, et que confusion!
Et, pour vous souhaiter tous les malheurs ensemble,
Puisse naître de vous un fils qui me ressemble!
ANTIOCHUS
Ah ! vivez pour changer celte haine en amour. 1823
CLÉOPATRE
Je maudirais les dieux s'ils me rendaient le jour.
forcenée que Cléopâtre ne rend point compte ainsi à ses ennemis. Les comédiens de Paris ont. rétabli ces vers pour avoir le mérite de réciter quelque* vers que personne ne connaissait. La singularité les a plus déterminés que le goût, ils se donnent trop de licence de supprimer et d'allonger des morceaux qu'on doit laisser comme ils étaient. » Ces dernières réflexions de Voltaire sont presque d'actualité, -aujourd'hui que le débat est plus vit' que jamais entre ceux qui croiraient commettre un sacrilège en retranchant une scène, un vers «le Corneille, et ceux qui, préoccupés avant tout de rendre nos chefs-d'œuvre accessibles a la masse du public, croient les faire mieux admirer en les accommodant au goût du jour.
1818. Défaire, débarrasser de :
Et le premier arrêt qu'ils lui feront donner Les défera d'Othon, qui les peut détrôner.
[OÛton, III, i.;
Elles vous déferaient de ces belles pensées.
[Niconihh, II, m.)
La guerre m'a défait d'un frère heureusement.
(RegnaM), Mûncchmvs.)
Me répondez-vous bien qu'il m'ait difait d'Egistlie?
(Voltairk, Ma-ope, IV, i.l 1820. Sur choir, voyez la note du v. 180.
1N24. Les imprécations d'Athalie paraissent à M. Geruzez un écho de celles-ci : « Corneille, dit M. Marty-Laveaux, paraît se rappeler ici un passage de la Médée, de Sénèque, dont il n'avait pas profité en traitant ce sujet :
Quoque non aliud queam Pejus precari, liberos si miles patri Siinilesque matri. (I, i.) »
1S25. Les illusions d'/Vntiochus sont vivaces.
1826. « Un jour où M,lc Dumesnil avajt mis dans les imprécations de Cléopâtre toute l'énergie dont elle était dévo'réo, le parterre tout entier, par un mouvement d'horreur aussi vif que spontané, recula devant elle (on était alors debout au parterre), de manière à laisser un grand espace vide entre ses 'premiers rangs et l'orchestra. Ce fut aussi à cette représentation, à l'instant où, prête à expirer dans les convulsions de la rage, Cléopâtre prononce ce vers errible :
Je maudirais les dieux s'ils me rendaient le jour,
que MIIe Dumesnil se sentit frappée d'un grand coup de poing dans le dos par un vieux militaire placé sur le théâtre ; il accompagna ce trait de délire, qui interrompit le spectacle et l'actrice, de ces mots énergiques : « Va, chienne, à, Ions les diables! n et lorsque la iragédie fut finie, Mllc Dumesnil le remercia dô «on coup de poing comme de l'éloge le plus flatteur qu'elle eut jamais reçu ». (Lemazukier, Galerie des acteurs du Théâtre- français, t. IL)
Qu'on m'emporte d'ici : je me meurs, Laonice.
Si tu veux m'obliger par un dernier service,
Après les va. os efforts de mes inimitiés,
Sauve-moi de l'affront de tomber à leurs pieds. 1830
(Elle s'en va, et l.aonice lui aide à marcher.) OROXTE.
Dans les justes rigueurs d'un sort si déplorable,
Seigneur, le juste ciel vous est bien favorable :
Il vous a préservé, sur le point de périr,
Dtl danger le plus grand que vous puissiez courir,
Et, par un digne effet de ses faveurs puissantes, l8.'Ki
La coupable est punie, et vos mains innocentes.
ANTlOCHtS.
Oronle, je ne sais, dans son funeste sort,
Oui m'aiïlige le plus, ou sa vie, ou sa mort;
L'une et l'autre a pour moi des malheurs sans exemple :
Plaignez mon infortune. Et vous, allez au temple 1840
1832. Cette répétition, à intervalle si rapproché, du mot juste est sans doute involontaire; une variante donne :
« Encor dans les rigueurs d'un sort si déplorable.» (1G47-IJÔ.)
« L'ambassadeur Oronte n'a joué dans toute la pièce qu'un rôle insipide, et il finit l'acte le plus tragique par les plus froids compliments. » (.Voltaire.) Il est certain qu'après les imprécations de Cieopàtre, lo petit discours d'Oronte paraît bien inuti e, pour no pas dire dépheé Chargé en quelque sorte do tirer la moralité de la pièce, il s'acquitte en conscience de son rôlo, et de diplomate se transforme presque en prédicateur. Il est vrai qu'il sort de son long silence pour pormettre à Antiochus de parler. Sur le caractèro d'Oronte, voyez l'Introduction et la se. 11 de l'acte 111.
1836. Le verbe être, comme lo fait remarquer M Marty-Lavcaux, est souvent exprimé dans le premier membre do phrase, et sous-entendu dans le second, lors même que dans lo second membre le verbe devrait être à un autre nombre et à une autre personne que dans le premier :
Ma cour/«< ta prison, mes faveurs tes liens.
[Cinna, v. 144«.|
18.38. Qui; on dirait aujourd'hui ce qui. C'est à peu près le quid interrogatif dos Latins :
El nous verrons ainsi qui fail mieux un brave liommo Des leçons d'Annibal ou do coil"s de Home.
[Nicomèds, v. 27o.)
ig élégante, et que Vaugelas autorisait
A l'on vi l'un et l'autre, étalait sa mante.
[Vohjtucte, V. 830.)
Vovz lot v. 431 ot 1097 do RodoÇWM, M. Chassang (Grammaire, p. 308) jug le pluriel préfér-ible en général»