‹ Théâtre de Pierre CorneilleChapitre 418 sur 420 · ACTE V, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV

CLEOPATRE, prenant la coupe.

Je le ferai moi-même. Eh bien! redoutez-vous Quelque sinistre effet encor de mon courroux ? J'ai souffert cet outrage avecque patience. 479o

A NT l OC II US, prenant la coupe des mains de Cléopâtre, après qu'elle a bu.

Pardonnez-lui, Madame, un peu de défiance :

Comme vous l'accusez, elle fait son effort

A rejeter sur vous l'horreur de cette mort;

Et, soit amour pour moi, soit adresse pour elle,

Ce soin la fait paraître un peu moins criminelle. 1803

Pour moi, qui ne vois rien, dans le trouble où je suis,

Qu'un gouffre de malheurs, qu'un abîme d'ennuis,

la faire? et qu'a d'invraisemblable cette expérience in anima vili, faite dans une de ces cours orientales où la vie humaine est comptée pour si peu de chose? Voltaire ajoute : « L'action qui termine cette scène fait frémir; c'est le tr.igique porté au comble. On est seulement étonné que, dans les compliments d'Antiochus et de l'ambassadeur qui terminent la pièce, & ntiochus ne dise pas un mot de son frère qu'il aimait si tendrement ». Il a dit un seul mot, et qui suffit, tant, on le sent vrai :

0 frère plus aimé que la clarté du jour 1

Domestique, qui s'emploie moins aujourd'hui dans la poésie élevée, se retrouve dans Nicomcde (v. "7), dans Suréna (II, n), et dans YEstlier de Racine. Il revient plusieurs fois dans le /{uy-tilas de Victor Hugo.

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