‹ Théâtre de Pierre CorneilleChapitre 59 sur 420 · SCÈNE IV PTOLOMÉE, PHOTIN · texte numérisé non relu

SCÈNE IV PTOLOMÉE, PHOTIN

PTOLOMÉE

Que dites-vous, ami, de cette âme orgueilleuse?

PHOTIN

Seigneur, cette surprise est pour moi merveilleuse;

Je n'en sais que penser, et mon cœur étonné

D'un secret que jamais il n'aurait soupçonné, 340

Inconstant et confus dans son incertitude,

Ne se résout à rien qu'avec inquiétude.

PTOLOMÉE

Sauverons-nous Pompée?

PHOTIN

Il faudrait faire effort, Si nous l'avions sauvé, pour conclure sa mort. Cléopâtre vous hait; elle est fière, elle est belle; 345

Et si l'heureux César a de l'amour pour elle, La tête de Pompée est l'unique présent Qui vous fasse contre elle un rempart suffisant.

PTOLOMÉE

Ce dangereux esprit a beaucoup d'artifice.

PHOTIN

Son artifice est peu contre un si grand service. 350

337. C'est à peu près sur ce ton que Valens, dans Théodore, se plaint à son confident Paulin du tyrannique orgueil de Marcelle, à qui il n'ose répondre en face, et, comme Valens, il mériterait la franche réponse de Paulin :

L'impérieuse humeur ! vois comme elle me brave,

Comme son fier orgueil m'ose traiter d'esclave.

— Seigneur, j'en suis confus, mais vous le méritez. (Théodore, III, 7.)

339. « Mon cœur n'est pas le mot propre; on ne l'emploie que '"s le sentiment. Le cœur n'a jamais de part aux réflexions politiques. Il fallait mon esprit. » (Voltaire.)

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