‹ Théâtre de Pierre CorneilleChapitre 89 sur 420 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

Ne permet pas d'en craindre une entière injustice.

Quoi qu'il en fasse enfin, feignez d'y consentir,

Louez son jugement, et laissez-le partir.

Après, quand nous verrons le temps propre aux vengeances,

Nous aurons et la force et les intelligences. 710

Jusque-là réprimez ces transports violents

Qu'excitent d'une sœur les mépris insolents:

Les bravades enfin sont des discours frivoles,

Et qui songe aux effets néglige les paroles.

PTOLOMÉE

Ah î tu me rends la vie et le sceptre à la fois : 715

Un sage conseiller est le bonheur des rois.

Cher appui de mon trône, allons, sans plus attendre,

Offrir tout à César, afin de tout reprendre;

Avec toute ma flotte allons le recevoir,

Et par ces vains honneurs sédu>re son pouvoir. 720

713. Encore un de ces mots familiers, presque comiques, que Corneille ne croyait pas indignes de la tragédie :

La bravade est aisée; un mot est bientôt dit. (Attila, 407.)

714. Au v. 150, on a déjà vu effets (actes) opposé à paroles, comme fpvov ^ Vd-'c-r en grec.

716. On peut juger que la maxime est étrangement appliquée au « sage » Photin. Mais ce triste roi est si heureux que son conseiller se donne la peine de penser et de vouloir pour lui !

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