ACTE II, SCÈNE IV
Ne permet pas d'en craindre une entière injustice.
Quoi qu'il en fasse enfin, feignez d'y consentir,
Louez son jugement, et laissez-le partir.
Après, quand nous verrons le temps propre aux vengeances,
Nous aurons et la force et les intelligences. 710
Jusque-là réprimez ces transports violents
Qu'excitent d'une sœur les mépris insolents:
Les bravades enfin sont des discours frivoles,
Et qui songe aux effets néglige les paroles.
PTOLOMÉE
Ah î tu me rends la vie et le sceptre à la fois : 715
Un sage conseiller est le bonheur des rois.
Cher appui de mon trône, allons, sans plus attendre,
Offrir tout à César, afin de tout reprendre;
Avec toute ma flotte allons le recevoir,
Et par ces vains honneurs sédu>re son pouvoir. 720
713. Encore un de ces mots familiers, presque comiques, que Corneille ne croyait pas indignes de la tragédie :
La bravade est aisée; un mot est bientôt dit. (Attila, 407.)
714. Au v. 150, on a déjà vu effets (actes) opposé à paroles, comme fpvov ^ Vd-'c-r en grec.
716. On peut juger que la maxime est étrangement appliquée au « sage » Photin. Mais ce triste roi est si heureux que son conseiller se donne la peine de penser et de vouloir pour lui !