‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 120 sur 386 · C1>"XA · texte numérisé non relu

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Et vous pouvez juger Que je veux l'affranchir ensemble et la venger. Octave aura donc vu ses fureurs assouvies , Pillé jusqu'aux autels, sacrifié nos vies, Rempli les champs d'horreur, comblé Rome de mort». Et sera quitte après pour l'effet d'un remords ! Quand le ciel par nos mains à le punir s'apprête , Un lâche repentir garantira sa tôtel C'est trop semer d'appâts, et c'est trop inviter Par son impunité quelque autre à l'imiter. Vengeons nos citoyens , et que sa peine étonne Quiconque après sa mort aspire à la couronne. Que le peuple aux tyrans ne soit plus exposé : S'il eût puni S> lia , César eût moins osé.

MAXIME

Mais la mort de César, que vous trouvez si juste, A servi de prétexte aux cruautés d'Auguste ••

pie chez les anciens ni chez les rooderncs : délachcz-la de la pièce, c'est un chef-d'œuvre d'éloquence; incorporée à l.i pièce, c'est un chef-d'œuvre encore plus grand. Il est vrai que ces beautés u'excitent ni terreur, ni pitié, ni grands mouvements ; mais ces mouvements, cette pitié, cette terreur, ne sont pas nécessaires dans le commencement d'un second acte.

'Cette scène est beaucoup plus difficile à Jouer qu'aucune autre : elle exigerait trois acteurs d'une figure imposante , et lul eussent autant de noblesse dans la voix et dans les gestes qu'il / eu a dans les vers ; c'est <-e qui ne s'est jamais rencontré. ^V.)

ACTi: II, SCfeNK !l. 199

>i)iilaiil non*, affinncliir, Briilc s'est altus»5 ; Si) n'eût puni César, Auguste eût moins osé.

r,.i faute (le Cassie , et ses terreurs paniquis , On fait rentrer l'État sous des lois tyranninues, .Mais nous ne verrons point de pareils accidents, Lorsque Rome suivra des cliefs moins imprudenti.

MXXIME.

Nous somnjes encor loin démettre en évidence Si non? nous conduirons avec plus de prudence; Cependant c'en est peu que de n'accepter pas Le bonlieur qu'on recherche au péril du trépas.

Cl>">\.

C'en est encor bien moins , alors qu'on s'imagine Guérir un mal si grand sans couper la racine ; Employer la douceur à cette gnérison , C'est , en fermant la plaie , y verser du poison.

MAXIME

Vous la voulez sanglante, et la rendez douteuse.

Vous la voulez sans pehie, et la rendez honteuse.

MAXIME

Pour sortir de ses fers jamais on ne rougit.

ci.n:<a.

On en sort lâchement , si la vertu n'agit.

HWIME.

Jamais la liberté ne cesse d'être aimable ;

Et c'est touiours pour Rome un bien inestimable.

Ce ne peut être un bien qu'elle daigne estimer, Quand il vient d'une main lasse de l'opprimer : lille a le cour trop bon pour se voir avec joie Le rebut du tyran dont elle fut la proie ; Et tout ce que la gloire a de vrais partisans Le hait trop puissamment pour aimer ses présents.

M\XIMK.

Donc pour tous .Cmilie est un objet de haine?

La receYoir de lui me serait une gi^ne :

Mais quand j'aurai vengé Rome des maux soufferts' ,

• L'esprit de uolre lansiic ne permet guère ces participes; oou* i:

200 CLN'.NA.

Je saurai le braver jusque dans les enfers. Oui , quand par sou irépasje l'aurai méritée , Je veux joindre a sa main ma nrain ensanglanUSe , L'épouser sur sa cendre, et qu'après notre elïort Les picsents du tyran âoient le prix de sa mort ' .

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