‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 124 sur 386 · CINNA, MAXIME · texte numérisé non relu

CINNA, MAXIME

MAXIME

Vous me semblez pensif.

Ce n'est pas sans sujet.

MAXIME

Puis-jed'un tel chagrin savoir quel est l'objet.^

CIN>A

itmilie et César ; l'un et l'autre me gène - ;

L'un me semble trop bon , l'autre trop inhumaine.

Plût aux dieux que César employât mieux ses soins ,

Et s'en fit plus aimer, ou m'aimât un peu moins ;

Que sa bonté touchât la beauté qui me charme ,

Et la put adoucir comme elle me désarme!

Je sens au fond du cœur mille remords cuisants

Qui rendent à mes yeux tous ses bienfaits présents ;

Cette faveur si pleine , et si mal reconnue ,

Par un mortel reproche à tous moments me tue.

> On ne voit pas ce qu'il veut tirer de Cinna ; s'il veut être instruit qu* Cinna est son rival, il le sait déjà. (V.)

» f:'est là peut-être ce que Cinna devait dire immédiatement après la conférence d'Auguste. Pourquoi a-t-il à présent des remords? s'est-il passé quelque chose de nouveau qui ait pu lui en donner? Je demande toujours pourquoi il n'en a point senti quand les bienfaits et la tendresse d'Aii^mste devaient faire sur son cœur une si forte impression. Jl a été perfide; il s'est obstiné dans sa perfidie. Les remords sont le part«?e naturel de ceux que l'emportement des passions entraine au crime, mais non pas des fourbes consommés. C'est sur quoi les lecteurs qui connaissent le cœur humain doivent prononcer. Je suis bien loin de porter un jugement. (A.

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