‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 127 sur 386 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

CLN.NA.

Donne un plus digne nom au glorieux empire» Du noble sentiment que la vertu m'inspire, Et que l'Iioimeur oppose au coup précipité De mon ingratitude et de ma lâcheté ; Mais plutôt continue à le nommer faiblesse , Puisqu'il devient si faible auprès d'une maîtresse , Qu'il respecte un amour qu'il devrait éloiilTcr, Ou que , s'il le combat, il n'ose en triompher. Eu ces extrémités quel.conseil dois-je prendre? De quel cùté pencher.' â quel parti me rendre.'

Qu'une âme généreuse a de |>eine à faillir! Quelque fruit que par là j'espère de cueillir, Eei douceurs de l'amour, celles de la vengeance , I-a gloire d'affranchir le lieu de ma naissance, N'ont point assez d'appas pour flatter ma laison , S'il les faut acquérir par une trahison ,

' L'auteur a cnlitïreracnt sacrifié ce rôle de Maxime ; il ne faut le ref;ardcr que comme un personnage qui sert à faire valoir les autres. (V.) — I.e respect que nous avons pour Corneille , malgré ses fautes , qui appartiennent encore plus au temps où 11 écrivait qu'à son génie , nou." ferait désirer Ici des expressions plus mesurées. Le personnage de .Maxime peut sans doute causer de l'indignation : cependant la tragédie n'exclut pas les personnages vicieux; elle doit éviter seulement ce qui es' Ignoble et bas, et ce qui le devient encore plus par un style trop faniiller. (P.)

» Votcl le cas où un monologue est convenable : un homme dans une situation violente peut examiner avec lui-même le danger de son entre prise , l'horreur du crime qu'il va commettre, écouter ou combattre ses remord», mais il fallait (ine ce monologue fût placé après qu'Augiis'a combl'* d'amitié et de bienfaits, et non pas après une scène fruiii'- avec M-nime. (V.)

S'il faut percer le llauc d'tin prince magnanime Qui du peu que je suis (ait une telle estime , Qui me comble d'honneurs , qui m'accable de biens, Qui ne prend pour régner de conseils que les miens. O coup 1 ô trahison trop indigne d'un homme ! Dure , dure à jamais l'esclavage de Rome ! Périsse mon amour, périsse mon espoir, Plutôt que de ma main parte un crime si noir! Quoi! ne m'offre-t-il pas tout ce que je souhaite , Et qu'au prix de son sang ma passion achète ! Pour jouir de ses dons faut-il l'assassiner ? Et faiit-ii lui ravir ce qu'il me veut donner?

-Mais je déi>ends de vous , ù serment téméraire ! 0 haine d'.Emilie! ô souvenir d'un père! Ma foi , mou cœur, mon bras , tout vous est engagé, Et je ne puis plus rien que par votre congé : C'est à vous à régler ce qu'il faut que je fasse ; C'est à vous , ^Emilie , à lui donner sa grâce ; Vos seules volontés président à son sort , Et tiennent en mes mains et sa vie et sa mort. O dieux , qu'; comme vous la rendez adorable. Rendez-la, comme vous, à mes vœux exorable ' ; Et, puisque de ses lois je ne puis m'affranchir, faites qu'à mes désirs je la puisse fléchir. Mais voici de retour cette aimable inhumaine*.

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