EMILIE, FULVIE
FULVIE
Vous avez mis son àme au désesjwir.
• C'est ici une idée poétique, ou plutôt une subtilil(! : /'os beauia sont plus in/iumaines qu'Jugiiste ! ccn'cslpds ainsi que la vraie passlii i parle. Oreste, dans une circonstance seioblablc, dit à Ilcrniionc :
Non, je vons priverai d'un plaisir ai funeste. Madame; U ae mourra que de la main d'Orcs!e.
Il ne s'amuse point à dire que les beautés Inliumaincs d'Ucruiionc sont des tyrans ; il le fait sentir en se déterminant iual;ré lui à ui> crime : ce n'est pas le poëtc qui parle , c'est le personnage. (V. )
' Priser n'est plus d'usage. Cinna ne prise point ici son action, puisqu'il la condamne; il dit qu'il adore Auguste, cela est beaucoup trop tort: il n'adore point Auguste; il devrait , dit-il, 'lonner son sang pour lui mille et mille fois. 11 devait donc être Irês-touclié au moment ^ue cr même Auguste lui donnait Emilie. Il lui a conseillé de garder l'cmpirr pour l'assassiner, et 11 voudrait donner mille vies pour lui par rénc\ii):i. (V.)
■*Ces derniers vers réconcilient Cinna avec le spectateur : c'est i:il très-grand art. Racine a imité ce morceau dans W-indromaiine :
Et mes ni.'iins aussitôt contre mon srin tuurnét-b , et4:. i^,)
21 r. CDJNA.
.ÏMILIE.
Qu'il cesse de m'aiiner, ou suive son devoir.
FCLVIE.
Il va vous obéir aux dépens de sa vie : Vous en pleurez !
/EMILIE
Hélas ! cours après lui , Fui vie ; Et si ton amitié daigne me secourir , Arrache-lui du cœur ce dessein de mourir ; Dis-lui...
FLLVIE.
Qu'en sa faveur vous laissez vivre Auguste .-
EMILIE
Ah ! c'est faire à ma haine une loi trop injuste.
FULVIE
Et quoi donc?
iEMILIE.
Qu'il achève , et dégage sa foi , Et qu'il choisisse après de la mort , ou de moi ' .