‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 138 sur 386 · ACTE IV, SClNli · texte numérisé non relu

ACTE IV, SClNli

A (jui jo'ivrais mon cœur, et dont j'avais fait choix Pour les plus importants et plus nobles emplois! Après qu'entre leurs mains j'ai remis mon empire. Pour m'arracher le jour l'un et l'antre conspire ! Maxime a vu sa faute , il m'en fait averMr , Kt montre un cœur touché d'un juste repentir; Mais Cinna !

EtniOKBE.

Cinna seul dans sa rage s'obstine , Kt contre vos bontés d'autant plus se mutine ' ; Lui seul combat encor les vertueux efforts Que sur les conjurés fait ce juste remords , Et , malgré les frayeurs à leurs regrets mêlées, 11 tâche à raffermir leurs âmes ébranlées.

AUGUSTE

Lui seul les encourage , et lui seul les sé<luit ! O le plus déloyal que la terre ait produit! O trahison conçue au sein d'une furie ! O trop sen&ible coup d'une main si chérie ! Cinna, tu me trahis! Polyclètc, écoutez.

(Il lui parle à l'orcillo.) POLYCLÈTE.

Tous vos ordres, seigneur, seront exécutés.

\UGLSTE.

Qu'Éraste en même temps aille dire à Maxime Qu'il vienne recevoir le pardon de son crime.

( Polyclcte rentre )

ELPUORRE.

11 l'a jugé trop grand pour ne pas s'en punir '.

A peine du palais il a pu revenir,

Que, les yeux égarés , et le regard farouche,

' Ce n'est pas que ce moi mutiiu: > employé avec art, ue puisse laiie un très-bel effet Racine a dit :

Enchaîner un captif de ses fera étonné , Contre uo joug qui lui plnlt vainemeat mutiaé.

b'auIatU plus exige un que; c'est une phrase qui n'est pas acheTée. iV.)

» On ne peut nier que ce lâche et inutile mensonge d'Eupjorbe ne soit indigne de la tragédie. Mais , dlra-t-on , on a le même repruche â faire à t)Knone dans Phèdre. Point du tout; elle est criminelle , elle calomnie Ilippolyte, mais elle ne dit pas une fausse nouvelle: cVsl :cla qui est peUt et tas. (VJ

COKiN. T. 1. IJ

ÎI8 CINNA.

Le CflPiir gros de soupirs , les sanglots h la bouche, I! déteste sa \ie et ce complot maudit , M'en apprend l'ordre entier tel que je v^us l'ai dit ; Et m'ayant commandé que je vous avertisse, Il ajoute : « Dis-lui que je me fais justice , « Que je n'ignore point ce que j'ai mérité. » Puis soudain dans le Tibre il s'est précipité; Et l'eau grosse et rapide , et la nuit assez noire. M'ont dérobé la fin de sa tragique hisloire.

AUGUSTE

Sous ce pressant remords il a trop succombé , Et s'est à mes bontés lui-même dérobé; L n'est crime envers moi qu'un repentir n'efface^ Mais puisqu'il a voulu renoncer à ma grâce , Allez pourvoir au reste , et faites qu'on ait soin De tenir en lieu sûr ce fidèle témoin.

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