SCÈNE
AUGUSTE
Ciel , à qui voulez-vous désormais que je lie ' Les secrets de mon âme et le soin de ma vie ? Reprenez le pouvoir que vous m'avez commis. Si donnant des sujets il Ole les amis , Si tel est le destin des grandeurs souverain.'* Que leurs plus grands bienfaits n'attirent que des Iiaines . Et si votre rigueur les condamne à chérir Ceux que vous animez à les faire périr. Pour elles rien n'est sur; qui peut tout doit tout craindre. Rentre en toi-même. Octave, et cesse de te plaindre. Quoi! tu veux qu'on t'épargne, et n'as rien épargné ! Songe aux fleuves de sang où ton bras s'est baigné , De combien ont rougi les champs de Macédoine " , Combien en a versé la défaite d'Antoine, Combien celle de Sexte , et revois tout d'un temps
' Voila encore une occasion où un monologue est bien place la situation d'Auguste est une excuse légitime : d'ailleurs il est bien écrit, les vers en sont beaui, les réflexions sont justes, Intéressantes; ce morceau est digne du grand Corneille. { V. )
•• Il fallait, quels flots j'en ai versés aiir champs dt Macvdome , ou (|u<i(juc chose (le scuibl.ible. (Y.)