‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 152 sur 386 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LIVIE, -AUGUSTE, CI^^\.\, .£MILIE, FL'LVÎE.

LIVIE

Vous ne connaissez pas encor tous les complices; Votre i£milie en est, seigneur, et la voici '.

CISXA.

C'est elle-même , ô dieux !

AUGISTE.

Et toi , ma fille , aussi !

EMILIE

Oui , tout ce qu'U a fait , il l'a fait pour me itlaire. Et j'en étais, seigneur, la cause et le salaire.

AUGUSTE

Quoi ! l'amour qu'en ton cœur jai fait naître aujoind'liui T'emportc-t-il déjà jusqu'à mourir pour lui ! Ton âme à c^s transports un peu trop s'abandonne , Et c'est trop tôt aimer l'amant que je te donne '.

EMILIE

Cet amour (pii m'expose à vos ressentiments

N'est point le prompt effet de vos commandements;

Ces flammes dans nos cœurs sans votre ordre étaient nées,

Et ce sont des secrets de plus de quatre années :

Mais , quoicjue je l'aimasse , et qu'il brûlât pour moi ,

Une haine [dus forte à tous deux fit la loi ;

Je ne voulus jamais lui donner d'espérance,

Qu'il ne m'eût de mon père assuré la vengeance ;

• Les acteurs ont été obliges de retrancher Llvie , qui venait dire seulement ces deux vers. On les fait prononcer par Emilie. (V.)

' Ccl-e petite ironie cst-cile bien placée dans ce moment tragique ? e»tc: aiasl qu'Auguste doit parlcr?(V ) .

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