SCÈNE II
LIVIE, -AUGUSTE, CI^^\.\, .£MILIE, FL'LVÎE.
LIVIE
Vous ne connaissez pas encor tous les complices; Votre i£milie en est, seigneur, et la voici '.
CISXA.
C'est elle-même , ô dieux !
AUGISTE.
Et toi , ma fille , aussi !
EMILIE
Oui , tout ce qu'U a fait , il l'a fait pour me itlaire. Et j'en étais, seigneur, la cause et le salaire.
AUGUSTE
Quoi ! l'amour qu'en ton cœur jai fait naître aujoind'liui T'emportc-t-il déjà jusqu'à mourir pour lui ! Ton âme à c^s transports un peu trop s'abandonne , Et c'est trop tôt aimer l'amant que je te donne '.
EMILIE
Cet amour (pii m'expose à vos ressentiments
N'est point le prompt effet de vos commandements;
Ces flammes dans nos cœurs sans votre ordre étaient nées,
Et ce sont des secrets de plus de quatre années :
Mais , quoicjue je l'aimasse , et qu'il brûlât pour moi ,
Une haine [dus forte à tous deux fit la loi ;
Je ne voulus jamais lui donner d'espérance,
Qu'il ne m'eût de mon père assuré la vengeance ;
• Les acteurs ont été obliges de retrancher Llvie , qui venait dire seulement ces deux vers. On les fait prononcer par Emilie. (V.)
' Ccl-e petite ironie cst-cile bien placée dans ce moment tragique ? e»tc: aiasl qu'Auguste doit parlcr?(V ) .