‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 170 sur 386 · FABIAN · texte numérisé non relu

FABIAN

M'en croirez-vous , seigneur? ne la revoyez point ; Portez en lieu plus haut l'honneur de vos caresses : Vous trouverez à Rome assez d'autres maîtresses '; Et, dans ce haut degré de puissance et d'honneur. Les plus grands y tiendront votre amour à bonheur.

SÉVÈRE

Qu'à des pensers si bas mon âme se ravale ! Que je tienne Pauline à mon sort inégale ! Elle en a mieux usé , je la dois imiter ; Je n'aime mon bonheur que pour la mériter. Voyous-la , Fabian , ton discours m'importune ; Allons mettre à ses pieds celte haute fortune : Je l'ai dans les combats trouvée heureusement En cherchant une mort digne de son amant ; . Ainsi ce rang est sien , cette faveur est sienne',

' Cela est-ll de la dignité de la tragédie? Corneille retourne Ici ce vers du vieil Horace :

Vous ne perder qu'un homme

Dont la perte est aisée à réparer dans Rome; tt cet autre de don Diègue : Il est tant de maîtresses !

1 Voyez avec quelle noble élégance Titus, dans Racine , dit qu'il doit tout à Bérénice.

Bérénice me plut. Que ne fait point un cœur

Pour plaire à ce qu'il aiine et gagner son vainqueur?

Je prodiguai mon sang ; tout fit place à mes armes :

Je revins triomphant. Mais le sang et les larmes

Ne me sufDsaient pas pour mériter jes vœux;

Ventrcpris le bonheur de mille malheureux ;

On vit de toutes parts mes bontés le répandre ;

Hcurrux et plus heureux que tu ne peut comprendre,

Q.iandje pouvais paraître à ses yeux satisfaits

Chargé de mille cœurs conquis par mes bienfaits.'

Je lui dois tout, Paul.n

Cette élégance est absolument nécessaire pour constituer un ouvrage parfait. Je ne prétends pas rtépriscr Corneille ; mon commentaire n'est ol un panégyrique ni une censure , mais un examen impartial, l.a perfection (iC l'art est luon seul objet. ( V. )

W6 POLVKUCTE.

Et je n'ai rien enfin que d'elle je ne tienne.

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