‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 18 sur 386 · D. DIÈGUE, D. RODRIGUE · texte numérisé non relu

D. DIÈGUE, D. RODRIGUE

D. DIÈGUE

riodrigue, as-tu du cœur?

D. RODRIGUE

Tout autre que mon père L'éprouverait sur l'heure.

D DIÈGLE.

Agréable colère !

Digne ressentiment à ma douleur bien doux ! Je reconnais mon sang à ce noble courroux ; Ma jeunesse revit en cette ardeur si prompte. Viens, mon fils, viens , mon sang, viens réparer ma honte ; Viens me venger.

D. RODRIGUE

De quoi ?

D. DIÈGUE

D'un affront si cniel , Qu'à Thonneur de tous deux il porte un coup mortel; D'un soufllet. L'insolent en eût perdu la vie; Mais monTge a trompé ma généreuse envie ; Et ce fer, que mon bras ne peut plus soutenir. Je le remets au tien pour venger et punir '. Va contre un arrogant éprouver ton courage : Ce n'est que dans le sang qu'on lave un tel outrage; Meurs , ou tue. Au surplus , pour ne te point flatter, Je te donne à combattre un homme à redouter ;

' Ces deux vers , tout admirables qu'ils sont, onlessujtMa criliquf de l'Académie. « Fenger et punir, dit-cllc , est trop vague ; car on ne sait qui doit Ctre vengé ou qui doit être puni. » J'ose croire celte critique mal fondée, et je louerai ces deux vers précisément par ce qu'un y censure. D'abord le sens est clair: qui peut se méprendre sur ce qu'on doit renper et sur ce qu'on doit punir? Mais ce qui me parait digne de louange , c'est celle précision rapide qui est avare des mots, parce q^ue la vengeance est avare du temps, f-'enger et punir, meurs, ou tue ; voilà les mots qui se précipitent dans la bouche d'un homuw furieux : U voudrait n'en pas dire d'autres. ; La U. j

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