‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 19 sur 386 · KODllIGLE · texte numérisé non relu

KODllIGLE

De grâce, aciievez.

D. Dii:ciE.

Le |)ère de Cliiniène.

D. KODKIOLE.

Le...

n. DltX.LE.

Ne répli(iue point, je connais ton amour- ^ Mais qui peut vivre infime est indigne du jour; Plus l'offenseur est cher, et plus grande est l'offense. i;nfm tu sais l'afiront , et tu tiens la vengeance ; .le ne te dis plus rien. Venge-moi , venge-toi ; Montre-toi digne fils d'un père tel que moi. Accablé des malheurs où le destin me range , Je vais les déplorer. Va, cours, vole, et nous veng«.

SCÈ.NE VU.

D. RODRIGUE

Percé jusques au fond du C(eur D'une atteinte imprévue aussi bien que moilelle, Misérable vengeur d'une juste querelle , Kl malheureux objet d'une injuste rigueur, Je demeure immobile, et mon âme abattue Cède au coup qui me lue.

Si près de voir mon feu récompensé , O Dieu , l'étrange peine 1

Kn cet affront mon père est l'offensé ,

Et l'offenseur le père de Chimène !

Quejesensde rudes combats.' Contre mon propre honneur mon amour s'int-^res.sc : il faut venger un père, et perdre une maltresse L'un m'anime le cœur, l'autre relient mon bras, fiédui' au triste choix ou de trahir ma tlainme. Ou de vivre en infâme ,

<'.Oi:.N. T. I.

3n LE C!l>.

Des deux côtos mon mal est infini.

O Dieu , l'étrange jvine!

Faut-il laisser un affront impuni ?

Faut-iî punir le père de Cliimène?

Père, maîtress'e , hojuieur, amour, Noble et dure contrainte , aimable tyrannie , Tous mes plaisirs sont morts , ou ma gloire terme. L'un me rend malheureux , l'autre indigne du joui. Ciier et cruel es|)oir d'une àme généreuse , Mais ensemble amoureuse , Digne ennemi de mon plus grand bonheur ,

Fer (pii causes ma peine , M'es-tii donné pour venger mon honneur?

M'es-tu donné pour perdre ma Chimène?

Tl vaut mieux courir au trépas.

Je dois h ma maîtresse aussi bien qu'à mon j^re; J'attire en me vengeant sa haine et sa colère ; J'attire ses mépris eh ne me vengeant pas. A mon plus doux espoir l'un me rend infidèle, Et l'autre indigne d'elle.

.Mon mal augmente à le vouloir guérir;

Tout redouble ma peine.

Allons, mon âme; et puisqu'il faut mourir, Mourons du moins sans offenser Chimèn(\

Mourir sans tirer ma raison!

Rechercher un trépas si mortel à ma gloire, Endurer que l'Espagne impute à ma mémoire D'avoir mal soutenu l'honneur de ma maison ! Respecter un amour dont mon âme égarée Voit la perte assurée !

N'écoutons plus ce penser suborneur,

Qui ne sert qu'à ma peine.

Allons, mon bras , sauvons du miins l'honnoiir. Puisque après tout il faut perdre Cliimène.

Oui , mou esprit .s'était déçu Je dois tout à mon père avant qu'à ma mattrcssi? : Que je meure au combat , ou meure de tristesse , Je rendrai mon sang pur comme je l'ai reçu. Ji' m'accuse dcji d;^ tr >r. de n'^gligence;

ACTL II, SCfùM'. I.

Courons à la vengeance; i:i , loul lionleux d'avoir tant b.ilance,

>ic soyons [)lus en peine (Puisque aujounriiui mon père est l'oflensé,) Si l'offenseur est père de Chimène.

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