SEPTIME
Seigneur...
CÉSAR
Allez , Septime , allez vers votre maître ; César ne peut souffrir la présence d'un traître, D'un Romain lâche assez pour servir sous un roi , Après avoir servi sous Pompée et sous moi '.
(Septime rentre.) CORN EUE.
César , car le destin , que dans les fers je brave , Me fait ta prisonnière et non pas ton esclave , Et tu ne prétends pas qu'il m'abatte le cœur Jusqu'à te rendre hommage, et te nommer seigneur; De quelque rude trait qu'il m'ose avoir frappée , Veuve du jtune Crasse , et veuve de Pompée, Fille de Scipion , et , pour dire encor plus , Romaine , mon courage est encore au-dessus ; Et de tous leï assauts que sa rigueur me livre, Rien ne me fait rougir que la honte de vivre. J'ai vu mourir Pompée , et ne l'ai pas suivi ; Et , bien que le moyen m'en aye été ravi ' , Qu'une pitié cruelle à mes douleurs profondes M'aye ôlé le secours et du fer et des ondes , Je dois rougir pourtant , après un tel malheur, De n'avoir pu mourir d'un excès de douleur ; Ma mort était ma gloire , et le destin m'en prive Pour croître mes malheurs , et me voirtA captive; •
la beauté de son rôle , qu'elle soutient presque seule la dignité de la pièce. (V.)
' Ces quatre vers de César à Septime relèvent tout d'un coup le caractère de César, et le rendent digne d'écouter Cornelle.
» Aye eVe pour ait été. Cet aye, à la troisième personne, est un solécisme très-commun. On a mis ail dans les dernières édition* (V.)