ACTE II, SCKXE VII
Vers la bouche du fleuve ils ont osé paraître.
D. ARI\3
Les Maures ont appris par force à vous connaître, Et, tant (le fois vaincus, ils ont perdu le cœur De se plus hasarder contre un si grand vainqueur.
D. FER N AND
Ils ne verront jamais, sans quelque jalousie,
Mon sceptre , en dépit d'eux , régir rAndalonsie ;
Et ce pays si beau , qu'ils ont trop possédé ,
Avec un uil d'envie est toujours regardé.
C'est l'unitpie raison qui m'a fait dans Séville
Placer depuis dix ans le trône de Castillc,
Pour les voir de plus près, et d'un ordre plus i)ron)rt
Renverser aussitôt ce (ju'iis entre[)rendront.
D. ARIAS
Ils savent aux dépens de leurs plus dignes têtes Combien votre présence assure vos conquêtes : Vous n'avez rien à craindre.
D. FERXAND.
Et rien à négliger.
Le trop de confiance attire le danger; Et vous n'ignorez pas qu'avec fort peu de peine Un flux de pleine mer jusqu'ici les amène. Toutefois j'aurais tort de jeter dans les cœurs. L'avis étant mal sur, de paniques terreurs. L'effroi que produirait cette alarme inutile , Dans la nuit qui survient troublerait trop la ville : Eailes doubler la garde aux murs et sur le port, C'est assez pour ce soir.