GÉROME
C'est-à-dire , en français , qu'il fallut l'épouser ?
DORA.NTE.
Les siens m'avaient trouvé de nuit seul avec elle , Us étaient les plus forts , elle me semblait belle , Le scandale était grand , son honneur se perdait ; .\ ne le faire pas ma léte en répondait ; Ses grands efforts pour moi , son péril , et ses larmes A mon cœur amoureux étaient de nouveaux charmes Donc , pour sauver ma vie ainsi que sou honneur, Et me mettre avec elle au comble du bonheur, Je changeai d'un seul mot la tempête eu bjiiace. Et fis ce que tout autre aurait fait en ma place. Choisissez maintenant de me voir ou mourir, Ou posséder un bien qu'on ne peut trop chérir.
CÉUO.NTE.
Non , non , je ne suis pas si mauvais que tu penses. Et trouve en ton malheur de telles circonstances, Que mon amour t'excuse ; et mon esprit touché Te blâme seulement de l'avoir trop caché.
DORANTE
Le peu de bien qu'elle a me faisait vous le tiiire.
GÉROiNTE.
Je prends peu garde au bien , afin d'être bon père. Elle est belle , elle est sage , elle sort de bon lieu , Tu l'aimes, elle t'aisne; il me suffit. Adieu :
Je vais me dégager du père de Clarice. SCÈNE VI.
DORANTE, CLITON
DORANTE
Que dis-tu de l'histoire , et de mon artifice ? Le bonhomme en tient-il? m'en suis-je bien tiré? Quelque sot en ma place y serait demeuré; Il eût perdu le temps à gémir et se plaindre, Et , malgré son amour, se fût laissé contraindre O l'utile secret que mentir à propos !
CUTOI«.
Quoi ! ce que vous disiez n'est pas vrai !
DORANTE
Pas deux mots , Et tu ne viens d'ouïr qu'un trait de gentillesse Pour conserver mon âme et mon cœur à Lucrèce.
CLITON
Quoi ! la montre , l'épée, avec le pistolet...
DORANTE
industrie.
CLITON
obligez , monsieur, votre valet.
Quand vous voudrez jouer de ces grands coups de ma'trc, Donnez-lui quelque signe à les pouvoir connaître : Quoique bien averti, j'étais dans le panneau.
DORANTE
Va , n'appréhende pas d'y tomber de nouveau ; Tu seras de mon cctor l'unique secrétaire , Çt de tous mes secrets le grand dépositaire.
Avec ces qualités j'ose bien espérer Qu'assez malaisément je pourrais m'en parer. Mais parlons de vos feux. Certes cette maîtresse...