DORANTE, ALCIPPE, PHILISTE
nULISTE.
Oui , vous faisiez tous deux en hommes de courage, Et n'aviez l'un ni l'autre aucun désavantage. Je rends grâces au ciel de ce qu'il a permis Que je sois survenu pour vous refaire amis , Kt que , la chose égale , ainsi je vous séjjare : Mon heur en est extrême, et l'aventure rare.
DORANTE
L'aventure est encor bien plus rare pour moi , Qui lui faisais raison sans avoir su de quoi. Mais , Alcippe , à présent tirez-moi hors de peine. Quel sujet aviez-vous de colère ou de haine.' Quelque mauvais rapport m'aurait-il pu noircir.' Dites , que devant lui je vous puisse éclaircir.
ALGPPE.
Vous le savez assez.
' « Je dois beaucoup au Menteur, disait .Molière à Bolleau Lorsqu'il parut, J'arais bien l'envie d'écrire; mais J'étais Incertain de ce que J'écrirais : mes Idées étalent conluses; cet ouvrage vint les fixer. Le dlalopie me fit voir comment causaient les honnêtes gens; la grâce et l'esprit de Dorante m'apprirent qu'il lallalt toujours choisir un héros du bon ton; le sang-froid avec lequel il débite «es faussetés me montra comment il fallait établir un caractère; li scène où il oublie lui-même le nom supposé! qu'il s'est donné m'èclaira sur la bonne plaisanterie; et celle où il est obligé ce se battre, par suite de ses mensonge* , me prouva que toutes les comédies oct besoin d'un but moral. Enfin , sans le Menteur, j'aurais sans doute fait quelques pièces d'intrigue, l'Étourdi, le Drptt amoureux; mais peut-être n'aiirais-Je pas taille Misanthrope. F.nibrassez-mol, dit De»pn^aux : voilà un aveu qui va:it la meilleure comédie. * (Extrait du Bolœarii,)