ACTE III, SCfiNE I
DOUANTE.
Phisjo me considère, Moins je découvre en moi ce qui vous peut déplaire.
ALCIPPE
Eli bien ! puisqu'il vous faut parler plus clairement, Depuis plus de deux ans j'aime secrètement; Mon afiaire est d'accord ' , et la chose vaut faite : Mais pour quelque raison nous la tenons secrète. Cependant à l'objet qui me tient sous sa loi , Et qui sans me trahir ne peut être qu'à moi , Vous avez donné bal , collation , musique; Et vous n'ignorez pas combien cela me pique , Puistjue, pour me jouer un si sensible tour. Vous m'avez à dessein caché votre retour , Et n'avez aujourd'hui quitté votre embuscade Qu'afin de m'en conter l'histoire par bravade. Ce procédé m'étonne , et j'ai lieu de penser Que vous n'avez rien fait (ju'afin de m'offenser.
l)ORA>TE.
Si vous pouviez encor douter de mon courage , Je ne vous guérirais ni d'erreur ni d'ombrage , Et nous nous reverrions , si nous étions rivaux ; Mais comme vous savez tous deux ce que je vaux , Écoutez en deux mois l'histoire démêlée : Celle que cette nuit sur l'eau j'ai régalée N'a pu vous donner lieu de devenir jaloux , Car elle est mariée , et ne peut être à vous ; *)epuis peu pour affaire elle ( st ici venue , Et je ne pense pas qu'elle vous soit connue.
i ALCIPPE.
Je suis ravi , Dorante, en cette occasion, De voir sitôt finir notre division .
DORANTE
Alcippe , une autre fois donnez moins de croyance Aux premiers mouvements de votre défiance ; Jusqu'à mieux savoir tout sachez vous retenir, Et ne commencez plus par où l'on doit finir. Adieu ; je suis à vous.
• Les liomraes sont d'accord, le» affaires sont accordent, terminées accommodées . finies. (V.)