‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 302 sur 386 · ACTE Jll, SCÈ^E V · texte numérisé non relu

ACTE Jll, SCÈ^E V

CLARICE, à Lucrèce.

Xst 'il un plus grand fourbe? , ^i, .,, ,,

LUCKÈCE, à Clarice.

Il ne sait que mentir. ,-,,;.

DORANTE

Je ne le fus jamais ; et si , par cette voie , On pense...

CLARICE

Et vous pensez encor que je vous croie?

Que le foudre à vos yeux m'écrase si je mens !

CLARICE. ' •'

Un menteur est toujours prodigue de scrments.

DORANTE

^^on, si vous avez eu pour moi quelipie pensée , ,^,, Qui sur ce faux rapport puisse être balancée , Cissez d'être en balance, et de vous défier De ce qu'il m'est aisé de vous justifier.

CLARICE, à [>ucrccc.

Ou dirait qu'il dit vrai , tant sou effronterie Avec naïveté pousse une menlerie.

DOKAS FE.

Pour vous ôterde doute, agréez que demain . ,,,. ,,

En qualité d'époux je vous donne la main.

CLARICE. |. , i,

Hé 1 vous la donneriez en un jour à deux mille.

DOU.VNTE.

Certes , vous m'allez mettre en crédit par la ville, Mais en crédit si grand , que j'en crains les jaloux.

CLAIUCE.

C'est tout ce que mérite un homme tel que vous,

Un homme qui se dit un grand foudre de guerre,

Et n'en a \ u qu'à coups d'écritoire ou de verre ;

Qui vint hier de Poitiers, et conte, à son retour,

Que depuis une année il fait ici sa cour;

Qui donne toute nuit f(!slin , musique, et danse ,

Bien qu'il l'ait dans son lit passée en tout silence ;

Qui se dit marié , puis soudain s'en dédit.

Sa méthode est jolie à se mettre en crédit !

Vous-même apprenez-moi comme il faut qu'on le noinine.

CLITON, à Dûraute.

Si vous vous en tirez, je vous tiens habile homme.

DORANTE, à Cliton.

Ne t'épouvante point, tout vient en sa saison.

(à Clarice.)

De ces inventions chacune a sa raison ;

Sur toutes quelque jour je vous rendrai contente :

Mais à présent je passe à la plus importajte.

J'ai donc feint cet hymen (pourquoi désavouer Ce qui vous forcera vous-même à me louer?), Je l'ai feint , et ma feinte à vos mépris m'expose. Mais si de ces détours vous seule éliez !a cause?

CLARICE

Moi?

DORANTE

Vous. Écoutez-moi. Ne pouvant consentir...

CLITON, à Dorante.

De grâce , dites-moi si vous allez mentir.

D0R.\NTe', bas, à Cliton.

Ah! je t'arracherai cette langue importune.

(à Qarice.) Donc comme à vous servir j'attache ma fortune , L'amour que j'ai pour vous ne pouvant consentir Qu'un père à d'autres lois voulût m'assujettir...

CLARICE, bas, à LucrècL'.

Il fait pièce nouvelle , écoutons.

dorante.

Cette adresse A conservé mon âme à la belle Lucrèce ; Et, par ce mariage au besoin inventé, J'ai su rompre celui qu'on m'avait apprêté. Clàmez-moi de tomber en des fautes si lourdes , Appelez-moi grand fourbe et grand donneur de bourdes; Mais louez-moi du moins d'aimer si puissamment, Et joignez à ces noms celui de votre amant. Je fais par cet byineu banqueroute à tous autres; J'évite tous leurs fers pour mourir dans les vôtres; Et , libre pour entier en des liens si doux , Je me fais marié pour toute autre que vous.

CLARICE

Voire Oamme en naissant a trop de violence ,

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