‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 307 sur 386 · ACTE IV, SCk'SE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCk'SE I

Si celle-ci venait qui m'a rendu sa lettre ' , Après ce qu'elle a fait j'ose tout m'en promettre ; Et ce sera hasard si , sans beaucoup d'efforf , Je ne trouve moyen de lui payer le port.

CLITON

Certes , vous dites vrai , j'en juge par moi-même : Ce n'est point mon humeur de refuser qui m'aime; Et comme c'est m'aimer que me faire présent , Je suis toujours alors d'un esprit complaisant.

D0RA.NTE.

Il est beaucoup d'humeurs pareilles à la tienne.

CUTON.

Mais, monsieur, attendant que Sabine survienne, Et que sur son esprit vos dons fassent vertu ' , Il court quelque bruit sourd qu'Alcippe s'est battu.

DORANTE

Contre qui?

CUTON.

L'on ne sait , mais ce confus murmure D'un air pareil au vôtre à peu près le figure; Et si de tout le jour je vous avais quitté , Je vous soupçonnerais de celte nouveauté.

DORANTE

Tu ne me quittas point pour entrer chez Lucrèce!

CLITOK.

Ah ! monsieur, m'auriez-vous joué ce tour d'adresse ?

DORANTE

Nous nous battîmes hier, et j'avais fait serment De ne parler jamais de cet événement; Mais à toi, de mon cœur l'uniqTie secrétaire, A toi , de mes secrets le grand dépositaire , Je ne cèlerai rien , puisque je l'ai promis.

Depuis cinq ou six mois nous étions ennemis : Il passa par Poitiers, où nous primes querelle; Et comme on nous fit lors une paix telle-quelle,

• Il faudrait celle-là, on celle. Celle ne doit point se séparer du qni mal» ce n'est qu'une petite faute. ( V. )

» On dit : se faire une vertu , faire une vertu d'un lice : mais faire vert», quand 11 signifie /airt effet, n'est plus d'usnge; et faire vertu sur quelque cAose est un barbarisme. (V.)

Nous sûmes l'un à l'autre en secret protester Qu'à la première vue il en faudrait tâter. Hier nous nous rencontrons ; cette ardeur se réveille. Fait de notre embrassade un appel à l'oreille ; Je me défais de toi , j'y cours , je le rejoins , Nous vidons sur le pré l'affaire sans témoins ; Et , le perçant à jour de deux coups d'estocade , Je le mets hors d'état d'être jamais malade : Il tombe dans son sang.

A ce compte il est mort ?

DORANTE

Je le laissai pour tel.

CLITON

Certes , je plaius son sort :

Il était honnête homme; et le ciel ne déploie...

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