‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 320 sur 386 · ACTE IV. SCiNE.lX · texte numérisé non relu

ACTE IV. SCiNE.lX

u:CRf:CE. Te voilà donc bientôt quitte d'un grand souci ?

CHRICE.

M'en voilà bientôt quitte; et toi, te voilà prôte A t' enrichir bientôt d'une étrange conquûte. Tu sais ce qu'il m'a dit.

SABINE

S'il ^ous mentait alors, A présent il dit vrai ; j'en réponds corps pour corps.

CLARtCE.

Peut-être qu'il le dit; mais c'est un grand peut-ôlre.

LUCRÈCE

Dorante est un grand fourbe, et nous l'a fait connaître; Mais s'il continuait encore à m'en conter, Peut-être avec le temps il me ferait douter.

CLARICE

Si tu l'aimes , du moins , étant bien avertie , Prends bien garde à ton fait, et fais bien ta partie*.

LUCRÈCE

C'en est trop ; et tu dois seulement présumer Que je penche à le croire , et non pas à l'aimer.

CLARICE

De le croire à l'aimer la distance est petite : Qui fait croire ses feux fait croire son mérite ; Ces deux points en amour se suivent de si [très , Que qui se croit aimée aime bientôt après.

LUCRÈCE

La curiosité souvent dans (pielqucs âmes

Produit le môme effet que produiraient des flammes.

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