‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 321 sur 386 · CL.ARICE · texte numérisé non relu

CL.ARICE

Je suis prête à le croire, afin de t'obliger.

SABINE

Vous me feriez ici toutes deux enrager. Voyez , qu'il est besoin de tout ce badinage ! Faites moins la sucrée , et changez de langage , Ou vous n'en casserez , ma foi , que d'une dent ^.

> Cette expression , prise en ce sens , n'est plus d'usage. AnjonrJ'hul . prendre garde à so)i /ni'< est une plirasc Ircs-populaire. On a remarqué que Lcs scènes de Clarice et de Lucrèce sont toutes très-froides. On on demande la raison : c'est que ni l'une ni l'autre n'a une vraie passion ni nn grand intérêt. (V.)

' Façon de s'exprimer prise d'un ancien proverbe trivial. (V.)

Ml LE MENTEUB.

LCCRÈCE.

Laissons !à cette folle , et dis-moi cependae*. j Quand nous le vtmes hier dedans les Tuileries « ^ Qu'il te conta d'abord tant de galanteries, Il fut , ou je me trompe , assez bien écouté. Était-ce amour alors, ou curiosité?

CLARICE

Curiosité pure , avec dessein de rire

De tous les compliments qu'il aurait pu me dire

LUCRÈCE

Je fais de ce billet même chose à mon tour; fe l'ai pris , je l'ai lu , mais le tout sans amour : Curiosité pure , avec dessein de rire De tous les compliments qu'il aurait pu m'écrire.

Ce sont deux que de lire , et d'avoir écouté : L'un est grande faveur ; l'autre , civilité : Mais trouves-y ton compte, et j'en serai ravie; En l'état où je suis, j'en parle sans envie.

LUCRÈCE

Sabine lui dira que je l'ai déchiré.

CLARICE

Nul avantage ainsi n'en peut être tiré. Tu n'es que curieuse.

LUCRÈCE

Ajoute, à ton exemple.

CLARICE

Soit. Mais il est saison que nous allions au temple '.

LUCRÈCE , à Clarice.

Allons.

(à Sabine.)

Si tu le vois, agis comme tu sais.

' Ce vers prouve deux choses : d'abord, que la pièce dure deux journées ; ensuite , que la scène a changé , que le théâtre ne doit plus représenter les Tuileries , mais la place Royale. 11 était , à la vérité , assez extraordinaire que ces dames se promenassent si régulièrement dans un Jardin deux journées de suite; mais 11 ne l'est pas moins qu'elles aient de si longues conférences dans une place. .\u reste, la règle des vingt-quatre heures peut très-bien subsister, la pièce commençant à si.\ heures du soir, et finissant le lendemain à la même heure. tV.)

' U est saison, pour il est temps, il est l'heure , ne se dit plus ; de plus, voilà une manière bien froide et bien maladroite de finir un acte : U est temps d'aller à l'église , parce que nous n'avon* plus rien à dire. (T.)

ACl'Ji V, SCÈNE I, 40a

SABINE

Ce u'est pa« sur ce coup que je fais mes essais :

Jecouuaisà tous deux où tient la maladie;

tt le mal sera grand si je n'y remédie.

Mais sachez qu'il est homme à prendre sur lo verl ' .

LLcniccE.

Je te croirai.

SABINE

Mettons cette pluie à couvert.

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