SCÈNE III
CHLMÈNE, ELVIRE.
CnUlÈNE.
Enfin je me vois libre , et je pui.s , sans contrainte , De mes vives douleurs te faire voir l'atteinte ; Je puis donner passage à mes tristes soupirs ; Je puis t'ouvrir mon àme et tous mes déplaisirs. Mon père est mort, Elvire; et la première épce Dont s'est armé Rodrigue, a sa tr^me coupée. Pleurez, pleurez , mes yeux , et fondez- vous en eau I La moitié de ma vie a mis l'autre au tombeau ' , Et m'oblige à venger, après ce coup funeste, Celle que je n'ai plus sur celle qui me reste.
ELVIRE
Reposez- vous , madame.
cmMt:>'E.
Ah ! que mal à propos Dans un malheur si grand tu parles de repos ! Par où sera jamais ma douleur apaisée , Si je ue puis haïr la main qui l'a causée.^
• Scudéri trouvait là trois moitiés. Cette affectation, cette 3p.islropbe à ses yeuK ont paru à tous les critiques une puérilité dont on ne trouve aucun exemple dans le théâtre grec ,
Et ce n'est point ainsi que parle la nature.
Pnr quel art cependant ers vers touchent-Ils? N'est-ce point que M moitié de ma vie a mis l'autre au tombeau , porte dans l'Ame nne idée attendrissante qui subsiste encore malgré les vers qui suivent? (V.;