ACTE f, SCÈNE II. 4S
CUTON.
Lâcher prise ?
Quoi! c'est ainsi, monsieur...
DORANTE
Parleras-tu toujours?
CUTON.
Et voulez-vous du ciel renvoyer le secours ?
DORANTE
Accepter de l'argent porte en soi queliue honte.
CLITON
Je m'en charge pour vous, et la prends pour mon compte.
DORANTE, à Lvse.
Écoute un mot.
CLlTON, à part.
Je tremble, il va la refuser.
DORANTE
Ta maîtresse m'oblige.
CLITON , à part.
II en veut mieux user.
Oyons.
DORANTE
Sa courtoisie est extrême et m'étonue ; Mais.
CLITON, à part.
Le diable de mais !
DORANTE
Mais qu'elle me pardonne...
CLITON , à part.
Je me meurs, je suis mort.
DORANTE
Si j'en cliange l'eftel, Et reçois comme xa prêt le don qu'elle me fait.
CLITON , à part.
Je suis ressuscité ; prêt ou don , ne m'importe. DORANTE, à Clitou, et puis à Lvse.
Prends. Je le lui rendrai même avant que je sorte.
CUTON , à L^se.
Écoule un mot : tu peux t'en aller à l'instant, Et revenir demain avec encore autant.
Lt vous , monsieur , songez à changer de demeure. Vous serez innocent avant quil soit une lieure.
DORANTE , à ClitoD , et puis à l.yse.
Ne me romps plus la tète; et toi , tarde un inomcEt; J'écris à ta maltresse uu mot de compliment.
(Dorante va écrire sur ta table. ) CLITO.N.
Dirons-nous cependaut deux mots de guerre ensemble?
LÏSE.
Disons.
CLITOiN.
Contemple-moi.
LVSE.
Toi.'
CLITOS.
Oui , moi. Que t'en semble' Dis.
LÏSE.
Que tout vert et rouge , ainsi qu'un perroquet , Tu n'es que bien en cage , et n'as que du ca(juet.
CUTOJi.
Tu ris. Cette action , qu'est-elle.?
LYSE
Ridicule.
CLITO.N.
Et cette main.'
LYSE
De taille à bien ferrer la mule '.
CUTOX.
Cette jambe, ce piedî
LYSE
Si tu sors des prisons , Dignes de l'installer aux Petites-Maisons.
OJTON.
Ce front.'
LYSE
Est un peu creux.
CUTOJi.
Cette tête.'
LYSE
Un peu folle.
■ Ferrer la mule , acheter quelque chose pour quelqu'un , et la lU' compter plus cher qu'elle n'a coule-