I.ÏSC
Ah ! c'est là que mes sens demeurent étonnés . Le ton de voix est rare , aussi bien que le nez.
CLITOX.
Je meure , ton humeur me semble si jolie , Que tu vas me résoudre à faire une iolie. Touche; je veux t'aimer , tu seras mon souci : Nos maîtres font l'amour, nous le ferons aussi. J'aurai mille beaux mots tous les jours à te dire; Je coucherai de feux , de sanglots , de martyre ; Je te dirai : « Je meurs , je suis dans les abois , " Je brûle... »
LYSE
Et tout cela de ce beau ton de voix ? Ahl si tu m'entreprends deux jours de cette sorte Mon cœur est déconfit, et je me tiens pour morte Si tu me veux en vie, affaiblis ces attraits, Et retiens pour le moins la moitié de leurs traits.
CLITON
Tu sais même charmer alors (jue tu te moques. Gouwrne doucement l'àme que tu m'escroques. On a traité mon maître avec moins de rigueur; On n'a pris que sa bourse, et tu prends jusqu'au cœur
LYSE
Il est riche, ton maître.'
CLITO.N.
Assez.
LYSE
Et gentilhointiie?
CLITO.N.
Il le dit.
Il demeure .'
CLITOS.
A Paris.
LYSE
Et se nomme?
DORANTE , fouillant dans la bourse.
Porte-lui celte lettre, et reçois...
CLITON , lui retenant le bras.
Saiiscum[itcr.'
DORANTE
Cette part de l'argent que tu viens d'apporter.
CLITON
Elle n'en prendra pas, monsieur, je vous proteste.
LYSE
Celle qui vous l'envoie en a pour moi de reste.
CLITON
Je vous le disais bien , elle a le coeur trop bon.
LYSE
Lui pourrai-je , monsieur , apprendre votre nom?
DORANTE
11 est dans mon billet. Mais prends , je t'en conjure.
CUTON.
Vous faut-il dire encor que c'est lui faire injure.'
LTSB.
Vous perdez temps, monsieur : je sais trop mon devoir. Adieu : dans peu de temps je viendrai vous revoir; Et porte tant de joie à celle qui vous aime, Qu'elle rapportera la réponse elle-même.
CLITON
Adieu , belle railleuse.
LYSE
Adieu , cher babillard '.