‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 356 sur 386 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

DORANTE, CLITON

DORANTE

Viens, Cliton, et, regarde. Esl-elJe vieille ou laide? Voit-OQ des yeux plus vifs? voit-on des traits plus duux

CLITO.N,

Je suis un peu moins dupe, et plus futé que vous. C'est un leurre, monsieur, la cho?e est toute claire; Elle a fait tout du long les mines qu'il faut faire.

On amorce le monde avec de tels portraits , ; .

Pour les faire surprendre on les apporte exprès ; Ou s'en fûcUe, ou fait bruit , on vous les redemande , Mais on trembla toujours de crainte qu'on les rende ; El , pour dernière a Ircssc , une loUe beauté Ne se voit que de nuit et dans l'obscurité, De peur (ju'eu un moment l'amour ne s'estropie A voir l'original si loin de la co|)ie. Mais laissons ce discours, qui peut vous ennuyer. Vous ferai-jc venir l'orfèvre prisoimier.'

DOUANTE.

Simple! n'as-tu point vu que c'était une feinte. Un effet de l'amour dont mon àme est atteinte?

Bon ; en voici déjà de deux en môme jour. Par devoir d'honnête Uomme, et par effet d'amour. Avec ua peu de temps nous en verrous bien d'autres. Chacun a ses talents, et ce sont la les vôtres.

DORANTE

Tais-toi, tu m'étourdis de tes sottes raisons. Allons prendre un peu l'air dans la cour des prisonâ.

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