SCÈNE VII
DORANTE, CLITON
DORANTE
Viens, Cliton, et, regarde. Esl-elJe vieille ou laide? Voit-OQ des yeux plus vifs? voit-on des traits plus duux
CLITO.N,
Je suis un peu moins dupe, et plus futé que vous. C'est un leurre, monsieur, la cho?e est toute claire; Elle a fait tout du long les mines qu'il faut faire.
On amorce le monde avec de tels portraits , ; .
Pour les faire surprendre on les apporte exprès ; Ou s'en fûcUe, ou fait bruit , on vous les redemande , Mais on trembla toujours de crainte qu'on les rende ; El , pour dernière a Ircssc , une loUe beauté Ne se voit que de nuit et dans l'obscurité, De peur (ju'eu un moment l'amour ne s'estropie A voir l'original si loin de la co|)ie. Mais laissons ce discours, qui peut vous ennuyer. Vous ferai-jc venir l'orfèvre prisoimier.'
DOUANTE.
Simple! n'as-tu point vu que c'était une feinte. Un effet de l'amour dont mon àme est atteinte?
Bon ; en voici déjà de deux en môme jour. Par devoir d'honnête Uomme, et par effet d'amour. Avec ua peu de temps nous en verrous bien d'autres. Chacun a ses talents, et ce sont la les vôtres.
DORANTE
Tais-toi, tu m'étourdis de tes sottes raisons. Allons prendre un peu l'air dans la cour des prisonâ.