‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 380 sur 386 · DOR.\NTE, CLITON, LYSE · texte numérisé non relu

DOR.\NTE, CLITON, LYSE

DORVNTE.

Tout est perdu, Cliton ; il faut ployer bagage.

a.ITO.N.

Je fais ici, monsieur, l'amour de bon courage; Au lieu de m'y troubler, allez en faire autant.

DORVNTE.

N'en parlons plus.

Cr.ITON.

Entrez , VOUS dis-je , on vous attend.

DORANTE

Que m'importe?

On vous aime.

DORANTE

Hélas!

CLITOX.

On vous ado.t

DORANTE

Je le sais.

CLITON

D'où vient donc Tenuiii qui vous dévore?

DORANTE

Que je te trouve heureux !

CLITON

Le destin m'est si doux Que vous avez sujet d'en être fort jaloux : Alors qu'on vous caresse à grands coups de pistoles , J'obtiens tout doucement paroles pour paroles. L'avantage est fort rare , et me rend foit heureux.

DORANTE

Il faut partir, te dis-je.

CLITON

Oui, dans un an ou deux.

DORANTE

Sans tarder un moment.

LVSE.

L'amour trouve des charnifes A donner quelquefois de pareilles alarmes.

DORANTE

Lyse, c'est tout de bon.

LVSE.

Vous n'en avez pas lieu.

DORANTE

Ta maîtresse surnent ; il faut lui dire adieu. Puisse en ses belles mains ma douleur immortel le Lrisser toute mon âme en prenant congé d'elle !

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