‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 43 sur 386 · ACTE IV, SCKNh III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCKNh III

fct j'ai moins dt; pouvoir <iiie tu n'as di- mérite. Le paj.s (ieluié d'un si rude euiitmi, Mou sceptre dans ma main par la titune affermi , Kt les Maures défaits a\aiil i|\ren ces alarmes J'eusse pu donner ordre à re[)ousser leurs armes , Ne sont point des exploits ([iii laissent il Ion roi Le ni()}en ni l'espoir de s'acipiitter vers toi. .Mais deux rois tes captil's feront ta récompense : Ils t'ont nommé tous deux leurCid en ma [iresence. i'uisque Cid eu leur langue est autant (pie seigneur, Je ne t'e!i\ierai pas ce beau titre d'iionneur. Sois désormais le Cid; qu'à ce grand noii! tout cé.'e; Qu'il comWe d'éiMJUvante et Grenade et Tolède, Lt (ii'il manpieà tous ceux qui vivent sous mes lois Et ce que tu me vaux , et ce ([ue je te dois.

D. liODUlGLE.

Que \otre majesté, sire, épargne ma lionte ■. D'un si faible service elle fait trop de compte, Ll me lorce ix rougir devant un si grand roi De mériter si peu flionneur que j'en recoi. Je sais trop que je dois au bien de votre em|)ire, Et le sang qui m'aniine , et lair que je resjiire ; Et , (juaud je les perdrai pour un si digne objet , Je ferai seulement le devoir d'un sujet.

D. FKK.NAND.

Tous ceux que ce devoir à mon service engage Ne s'en acquittent pas avec môme courage; El lorsque la valeur ne va point dans l'excès , Elle ce produit point de si rares succès. Souffre donc (pi'on te loue , et de cette victoire Apprends-moi [)lus au long la véritable liistoire.

D. IIODRIGLE.

sire, \ousavezsu ([u'en ce danger [)ressaiit. Qui jeta dans la ville un effroi si puissant. Une troupe d'amis cliez mon père assemblée Sollicita mon àme encor toute troublée... .Mais, sire, pardonnez a ma témérité.

Si j'osai l'employer sans votre autorité; Le [léril ap[)rocliait ; leur brigade était prête;

l.c mot (le liDiitK n'est pas le niol propre. Luc valeur ,ui ' u<'iiil ilans l'escës est plus impropre encore. (V.)

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Mf montrant à la cour, je hasardais ma tèfe ; Ll , s'il (allait la perdre , il m'était bien plus doux iJe sortir de la vie eu combattant pour vous.

b. FEKNAND.

J'excuse ta chaleur à venger ton offense ; Et l'État défendu me parle en la défense : Crois que dorénavant Chimène a beau parler, Je ne l'écoute plus que pour la consoler. Mais poursuis.

D. RODRIGLE.

Sous moi donc cette troupe s'avance , Et porte sur le front une mâle assurance. Nous partîmes cinq cents; mais, par un prompt renlort Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port, Tant , à nous voir marcher avec un tel visage. Les plus épouvantés reprenaient de courage '. J'en cache les d-ux tiers , aussitôt qu'arrivés, Dans le fond des vaisseaux qui lors furent trouvés : Le reste, dont le nombre augmentait à toute heure. Brûlant d'impatience, autour de moi demeure, Se couche contre terre, et, sans faire aucun bruit, Passe une bonne part d'une si belle nuit. Par mon commandement la garde en fait de même , i:t, se tenant cachée, aide à mon stratagème; El je feins hardiment d'avoir reçu de vous L'ordre qu'on me voit suivre et que je donne à tous Cette obscure clarté qui tombe des étoiles Enfin avec le flux nous fit voir trente voiles; L'onde s'enfle dessous, et d'un commun effort Les Maures et la mer montent jusques au port. On les laisse passer; tout leur paraît tranquille; l'oint de soldats au port , («oint aux murs de la ville. Notre profond silence abusant leurs esprits, Ils n'osent plus douter de nous avoir surpris; Ils abordent sans peur, ils ancrent, ils descendent, Et courent se livrer aux mains qui les attendent. Nous nous le\ ous alors , et tous en même temps Poussons jusques au ciel mille cris éclatants ; Les noires, à ces cris , de nos vaisseaux répondent, Us paraissent armés , Its Maures se confondeui , L'épouvanie les prend à demi descendus;

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A\ant que de œinliatlre ils s'estiiiieiit perdus.

Ils couraient au pillage, et rencontrent la guerre;

Nous les pressons sur l'eau , nous les pressons sur terre,

Kt nous faisons courir des ruisseaux de leur sang,

Avant qu'aucun n-sistc ou reprenne son rang.

Mais bientôt, malgré nous, leurs princes les lallient,

Leur courage renaît, et leurs terreurs s'oublient :

La honte de mourir sans avoir combattu

Arrête leur désordre, et leur reud leur vertu.

Contre nous de pied ferme ils tirent leurs alfauges ' ,

De notre sang au leur font d'iiorribles mélanges;

Et la terre, et le (leuve , et kur flotte, et le port ,

Sont des cliamps de carnage oii triomphe la mort.

O combien d'actions, combien d'exploits célèbres

Sont demeurés sans gloire au milieu des ténèbres ,

Où chacun, seul témoin des grands coups qu'il donnait.

Ne pouvait discerner où le sort inclinait !

J'allais de tous côtés encourager les nôtres.

Faire avancer les uns, et soutenir les autres,

Ranger ceux qui venaient, les pousser à leur tour ;

Et ne l'ai pu savoir jus<pies au point du jour.

Mais enfin sa clarté montre notre avantage;

Le Maure voit sa perte, et perd soudain courage :

Et , voyant un renfort qui nous vient secourir,

L'ardeur de vaincre cède à la peur de mourir.

Ils gagnent leurs vaisseaux , ils en coupent ks câbles.

Poussent jusques aux cieux des cris épouvantables.

Font retraite eu tumulte, et sans considérer

Si leurs rois avec eux peuvent se retirer.

Pour souffrir ce devoir, leur frayeur est trop forte;

Le flux les apporta , le reflux les remporte ;

Cependant que leurs rois, engagés parmi nous,

r.t quehpie peu des leurs , tous percés de nos coups ,

Disputent vaillamment et vendent bien leur vie.

A se rendre moi-même en vain je les convie ;

Le cimeterre au poing ils ne m'écoutent pas :

Mais voyant à leurs pieds tomber tous leurs soldats ,

Et que seuls désormais en vain ils se défendent,

Ils <lcmandent le chef; je me nomme, ils se rendent.

' .-il/ange est iin mol cspusfnol ijui signifie sabre, cimeterre, luuttlas l-Vpée était alors une arme uicomiue aux Maures.

tOR.\. T. 1. J

'^ LK CIU.

Je vous les envoyai lotis deu\ en iiiùine temps; lu le combat cessa faute de combattants. C'c^t de cette façon que, pour votre ser\ice...

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