‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 47 sur 386 · SCÈNE H · texte numérisé non relu

SCÈNE H

L'LNFANTE.

T'écouterai-je encor, respe<',t de ma naissance, Qui lais un crime de mes feux ?

' Sors T.iinqueur d'un combat dunt Cliimene fst le prix, est repris par Scudôri. C'est pcut-iitre le plus beau vers de la pitV-c , cl Il obtient grâce pour totis les sentiments un peu hors de la nature qu'on trouve dans cette scène , traitée d'ailleurs avec une grande supériorité de génie.

Comment, après ce beau vers, peut-on ramener encore sur la scène fwtre pitoyable ialanle ? (V.)

T'écouterai-je, amour, dont la doue* puissance Contre ce fier tyran fdit révolter mes vœux?

Pauvre princesse 1 auquel îles deux

Dois-tu prêter obéissance?

Rodrigue , ta valeur te rend digne de moi , Mais, pour être vaillant, tu n'es pas lils de roi.

impitoyable sort, dont la rigueur sépare

Ma gloire d'avec mes désirs, Est-il dit que le clioix d'une vertu si rare Coûte à ma passion de si grands déplaisirs?

O deux ! à combien de soupirs

Faut-il que mon co^ur se prépare , Si jamais il n'obtient sur un si long tourment Ni d'éteindre l'amour, ni d'accepter l'amant 1

Mais c'est trop de scrupule , et ma raison s'étonne

Du mépris d'un si digne choix :

Bien qu'aux monarques seuls ma naissance? me donne Rodrigue , avec honneur je vivrai sous tes lois. Après avoir vaincu deux rois , Pourrais-tu manquer de couronne? Et ce grand nom de Cid que tu viens de gagner Xe fait-il pas trop voir sur qui tu dois régner ?

il est digne de moi , mais il est à Chimène;

Le don que j'en ai fait me nuit.

Entre eux la mort d'un père a si peu mis de haine . Que le devoii- du sang à regret le poursuit :

Ainsi n'espérons aucun fruit

De son crime , ni de ma peine , Puisque pour me punir le destin a permis Que l'amour dure môme entre deux ennemis.

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