SCÈNE H
L'LNFANTE.
T'écouterai-je encor, respe<',t de ma naissance, Qui lais un crime de mes feux ?
' Sors T.iinqueur d'un combat dunt Cliimene fst le prix, est repris par Scudôri. C'est pcut-iitre le plus beau vers de la pitV-c , cl Il obtient grâce pour totis les sentiments un peu hors de la nature qu'on trouve dans cette scène , traitée d'ailleurs avec une grande supériorité de génie.
Comment, après ce beau vers, peut-on ramener encore sur la scène fwtre pitoyable ialanle ? (V.)
T'écouterai-je, amour, dont la doue* puissance Contre ce fier tyran fdit révolter mes vœux?
Pauvre princesse 1 auquel îles deux
Dois-tu prêter obéissance?
Rodrigue , ta valeur te rend digne de moi , Mais, pour être vaillant, tu n'es pas lils de roi.
impitoyable sort, dont la rigueur sépare
Ma gloire d'avec mes désirs, Est-il dit que le clioix d'une vertu si rare Coûte à ma passion de si grands déplaisirs?
O deux ! à combien de soupirs
Faut-il que mon co^ur se prépare , Si jamais il n'obtient sur un si long tourment Ni d'éteindre l'amour, ni d'accepter l'amant 1
Mais c'est trop de scrupule , et ma raison s'étonne
Du mépris d'un si digne choix :
Bien qu'aux monarques seuls ma naissance? me donne Rodrigue , avec honneur je vivrai sous tes lois. Après avoir vaincu deux rois , Pourrais-tu manquer de couronne? Et ce grand nom de Cid que tu viens de gagner Xe fait-il pas trop voir sur qui tu dois régner ?
il est digne de moi , mais il est à Chimène;
Le don que j'en ai fait me nuit.
Entre eux la mort d'un père a si peu mis de haine . Que le devoii- du sang à regret le poursuit :
Ainsi n'espérons aucun fruit
De son crime , ni de ma peine , Puisque pour me punir le destin a permis Que l'amour dure môme entre deux ennemis.