‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 48 sur 386 · I.'iNFANTE · texte numérisé non relu

I.'iNFANTE

D'dfi viendiait ce repos dans nnconibli! (i'eimui?

Ll'.ONOR.

Si ramour vit d'espoir, et s'il meurt avec lui , '

Rodrigue ne peut plus cliarnier votre courage. Tous savez le cond)at où Cliiiiiène l'engage ; Puisqu'il faut qu'il y meure , ou qu'il soit son mari , Votre espérance est morte, et votre esprit guéri.

.Ali! qu'il s'en fautencor!

LÉOXOR.

Que pouvez- vous jirétendre?

l'infante.

Mais [)kitùt quel espoir me pourrais-tu défendre? Si Rodrigue combat sous ces conditions , Pour en rompre l'effet j'ai trop d'inventions. L'Amour, ce doux auteur de mes cruels supplices, Aux esprits des amants apprend trop d'artifices.

LÉONOR

Pourrcz-vous quelque chose , après qu'un père mort N"a pu , dans leurs esprits , allumer de discord ? Car Chimène aisément montre , par sa conduite , Que la haine aujourd'liui ne fait pas sa poursuite. Klle obtient un combat , et pour son combattant C'est le premier offert qu'elle accepte à l'instant : tlle n'a point recours à ces mains généreuses Que tant d'exploits fameux rendent si glorieuses; Don Sanche lui suffit, et mérite son choix Parce qu'il va s'armer pour la première fois; Klle aime en ce duel son peu d'expérience; Comme il est sans renom , elle est sans défianc«; Et sa facilité vous doit bien faire voir Qu'elle cherche un combat qui force son de^ oir, Qui livre à son Rodrigue une victoire aisée, Kt l'autorise enfin à paraître apaisée.

l'iniinte.

Je le remanpie assez, et toutefois mon cfrur .\ l'envi de Chimène adore ce vainqueur. A quoi me résoiidrai-je, amante infortunée.'

LÉONOU.

A vous mieux souvenir de qui vous êtes née.

84 LE CJD.

Le ciel vous doit un roi , vous aimez un sujet!

Mon inclination a bien changé d'objet. Je n'aime plus Rodrigue, un simple gentilhomme ; Non , ce n'est plus aiîisi que mon amour le nomme : Si j'aime , c'est l'auteur de tant de beaux exploits. C'est le valeureux Cid , le maître de deux rois. Je me vaincrai pourtant , non de peur d'aucun blâme» Mais pour ne troubler pas une si belle flamme ; F-t, quand pour m'obliger on l'aurait couronné, Je ne veux point reprendre un bien que j'ai donné. Pnisqu'enun tel combat sa victoire est certaine. Allons encore un coup le donner à Cl.imène. Et toi , qui vois les traits dont mon cœur est percé, Viens me voir aciiever comme j'ai commencé.

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