‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 49 sur 386 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

CHIMÊi\E,ELVIRE.

CHJMÈNE.

Elvire , que je souffre ! et que je suis k plaindre !

Je ne sais qu'espérer, et je vois tout à craindre;

Aucun vœu ne m'échappe où j'ose consentir ;

Je ne souhaite rien sans un prompt repentir.

A deux rivaux pour moi je fais prendre les armes :

Le plus heureux succès me coûtera des larmes;

f.t , quoi qu'en ma faveur en ordonne le sort ,

Mon père est sans vengeance, ou mon amant est mort.

F.LVIUE.

D'un et d'autre côté je vous vois soulagée • :

Ou vous avez Rodrigue , ou vous êtes vengée ;

Et , quoi que le destin puisse ordonner de vous , ,

11 soutient votre gloire, et vous donne un époux.

CniMKNE.

Quoi ! l'objet de ma h.iine , ou de tant de colère !

' Les raisonnements d'Ehire contributnl un peu à refroidir celte scène; mais aussi ils contribuent beaucoup à laver Chimène de l'affront que les critiques injustes lui ont fait de se conduire en fille dénaturée : car le spectateur est du parti d'Klvirc contre Chiniène; il trouve, comme Elvire, que Chimèue en a fait assez, et qu'elle doit s'en remettre à l'é »«5neracnt du combat. (V.)

Page 1