W AVERTISSEMENT
a laissé des moyens qui auraient produit leur f ffet partout dès la création du monde , et qui seront capables de le produire encore partout, tant qu'il y aura des théâtres et des acteurs ; st pour le reste , que les lieux et les temps peuvent changer, il Ta négligé, et n'a pas même prescrit le nombre des actes, qui n'a été réglé que par Horace beaucoup après lui.
Et certes, je serais le premier qui condamnerais le Cid , s'il péchait contre ces grandes et souveraines maximes que nous tenons de ce philosophe; mais , bien loin d'en demeurer d'accord , j'ose dire que cet heureux poème n'a si exlraordinairement réussi que parce qu'on y voit les deux maîtresses conditions (permettez-moi cette épithète) que demande ce grand maître aux excellentes tragédies, et qui se trouvent si rarement assemblées dans un même ouvrage, qu'an des plus doctes commentateurs de ce divin traité qu'il en a fait soutient que toute l'antiquité ne les a vues se rencontrer que dans le seul Œdipe. La première est que celui qui souffre et est persécuté ne soit ni tout méchant ni tout vertueux , mais un homme plus vertueux que méchant , qui , par quelque trait de faiblesse humaine qui ne soit pas un crime , tombe dans un malheur qu'il ne mérite pas : l'autre . que la persécution et le péril ne viennent point d'un ennemi , ni d'un indifférent, mais d'une personne qui doive aimer celui qui souffre, et en être aimée. Et voilà, pour en parler pleinement, la véritable et seule cause de tout le succès du Cid, en qui l'on ne peut méconnaître ces deux conditions , sans s'aveugler soimême pour lui faire injustice. J'achève donc en m'acquittant de ma parole ; et, après vous avoir dit en passant ces deux mots pour le Cid du théâtre, je vous donne, en faveur de la Chimèue de l'histoire, les îf-ux romances que je vous ai promises.
ROM.^NCE PPJMERO.
Oelante el rcj de Léon Que no me ronde ml calle,
Dona Ximena nna tarde Que no se yenga en mugere»
Se pone â pedlr jusUcia El bombre que muc)io vale.
Por la muertc de su padre , Si mi padre afreutô al suyo ,
Para conlra el Cid la pide. Bien ba vcngado à su padre,
Don Rodrigo de Bivare , Que si honras pagaron muertes ,
Que huerfana la dex6 , Para su disculpa basten.
Nina , y de muy poca edade. Encomendada me lienes ,
Si tcngo razon, o non. No consientas que me -ngravien,
Bii'n rcy , lo alcanzas y sabes Que cl que a mi se fizicre ,
Que los Dcgocios de honra A tu corona se faze.
No pueden disimularse. Calledcs, doua Ximena,
Cada dia que amanece Que me dadcs pena grande ,
Veo al lobo de mi sangre Qu-- yn dare buen remedio
Caballero en un caballo Para lodos vuestros maies.
Poi darme mayor pesare. .VI Cid no le he de ofender, Mkudal' buen rcy, pues puedes. Que es bombre que niucho "aie.
AYLRTlSSliMliNT.
T me deCende mis rcyoos , Y qulero que me los yuarde.
Pero To faré un partido Con el , que no os este inalc , De tomalle la palabra
Para que con 7os se case.
Contenta quedô Xiniena, Con la merccd que le faze, Que quicn Imerfana la lizo Aqucsse uiismo la anipare.