SÈLEUCUS , ANTIOCHUS, TIMAGÈNE, LAON (CF
SELEUCUS
Vous puis-je en confiance explique ma pensée 4?
déjà à sa passion, pour qu’on excusât davantage ce début par lequel il renonce au trône. (V.)
1 l.e mot propre , au dernier hémistiche du premier vers , est incer • tain ; car ce droit d’aîuesse n’est point fâcheux pour celui qui aura le trône et Uodogune. (V.)
2 il faut absolument Et si je puis épargner des soupirs : on dit bien \evous épargne des soupirs ; mais on ne peut dire j'épargne des soupirs , comme on dit j'épargne de V argent. (V.)
3 Cela veut dire de ma peine ou de sa peine, Les déplaisirs et la peine ne sont pas des expressions assez fortes pour la perte d’un trône. (V.)
4 On ne sait point encore que c’est Séleucus qui parle. Il était aisé de mnéd’.iT à ce petit défaut. (V.J
* UODOGU-NE.
Vous pouvez, comme lui, me rendre un bon office.
Dans l’état où je suis, triste, et plein de souci,
Si j’espère beaucoup , je crains beaucoup aussi.
Un seul mot aujourd’hui , maître de ma fortune ,
M’ôte ou donne à jamais le sceptre et Rodogune ,
Et de tous les mortels ce secret révélé Me rend le plus content ou le plus désolé 2.
Je vois dans le hasard tous les biens que j’espère 1 ,
Et ne puis être heureux sans le malheur d’un frère ,
Mais d’un frère si cher, qu’une sainte amitié Fait sur moi de ses maux rejaillir la moitié.
Donc pour moins hasarder j’aime mieux moins prétendre Et , pour rompre le coup que mon cœur n’ose attendre ,
Lui cédant deMeux biens le plus brillant aux yeux ,
M’assurer de celui qui m’est plus précieux \ :
môme que 1 un est Ântiochus , l’autre Sèleucus. II est à remarquer qu’Antiochus n’est nommé qu’au quatrième acte, à la scène troisième, et Sèleucus à la scène cinquième , et que Cléopâtre n’est jamais nommée, il fallait d’abord instruire les spectateurs. Le lecteur doit sentir la difticulté extrême d’expliquer tant de choses dans une seule scène, et de les énoncer d’une manière intéressante. Mais voyez l’exposition de Jiajazet ; il y avait autant de préliminaires dont il fallait parler ; ce pendant quelle netteté ! comme tous les caractères sont annoncés! avec quelle heureuse facilité tout est développé ! quel art admirable dans cette exposition de Bajazet! (V.)
2 II vaudrait mieux qu’on sut déjà qui est Rodogune. Il est encore plus important de faire connaître tout d’un coup les personnages auxquels on doit s’intéresser, que les événements passés avant l’action. (V.)
2 II semble par la phrase que ce secret ait été révélé par tous les mortels. On n'insiste ici sur ces petites fautes que pour faire voir aux Jeunes auteurs quelle attention demande l’art des vers. (V.)
3 Est impropre et louche. Voir dans le hasard ne signifie pas : Mon bien est au hasard, mon bien est hasardé. (V.)
4 Donc ne doit presque jamais entrer dans un vers, encore moins le commencer. Quoi ,donc se dit très-bien , parce que la syllabe quoi adoucit la dureté de la syllabe donc.
Racine a dit :
Je suis donc un témoin de leur peu de puissance.
Mais remarquez que ce mot est glissé dans le vers, et que sa rudesse est adoucie par la voyelle qui le suit. Peu de nos auteurs ont su employer cet enchaînement harmonieux de voyelles et de consonnes. Les vers les mieux pensés et les plus exacts rebutent quelquefois : on en ignore la raison; elle vient du défaut d’harmonie. (V.)
5 On est étonné d’abord qu'un prince cède un trône pour avoir une femme. Mais Antiochus est déterminé par son amitié pour son frère Sé* Jcucus, ainsi que par son amour pour Rodogune. Peut-être eût-il fallu qu’Antiocbüs eût paru éperdument ahioureux, et qu’on s’intéressât