ACTE I , SCENE III
Heureux si , sans attendre un fâcheux droit d’aînesse ,
Pour un trône incertain j’en obtiens la princesse r ,
Et puis par ce partage épargner les soupirs 2 Qui naîtraient de ma peine ou de ses déplaisirs 3 !
Va le voir de ma part, Timagène, et lui dire Que pour cette beauté je lui cède l’empire;
Mais porte-lui si haut la douceur de régner ,
Qu’à cet éclat du trône il se laisse gagner;
Qu’il s’en laisse éblouir jusqu’à ne pas connaître A quel prix je consens de l’accepter pour maître.
(Timagène s’en va, et le prince continue à parler à Laoniee.)
Et vous, on ma faveur voyefc ce cher objet,
Et tâchez d’abaisser ses yeux sur un sujet Qui peut-être aujourd’hui porterait la. couronne,
S’il n’attachait les siens à sa seule personne,
Et ne la préférait à cet illustre rang Pour qui les plus grands cœurs prodiguent tout leur sang. (Timagène rentre sur le théâtre.)
TIMAGÈNE
Seigneur, le prince vient; et votre amour lui-même Lui peut sans interprète offrir le diadème.
ANTIOGÏIUS.
Ah ! je tremble ; et la peur d’un trop juste refus Rend ma langue muette et mon esprit confus.