‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 9 sur 417 · ACTE I , SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE I , SCENE III

Heureux si , sans attendre un fâcheux droit d’aînesse ,

Pour un trône incertain j’en obtiens la princesse r ,

Et puis par ce partage épargner les soupirs 2 Qui naîtraient de ma peine ou de ses déplaisirs 3 !

Va le voir de ma part, Timagène, et lui dire Que pour cette beauté je lui cède l’empire;

Mais porte-lui si haut la douceur de régner ,

Qu’à cet éclat du trône il se laisse gagner;

Qu’il s’en laisse éblouir jusqu’à ne pas connaître A quel prix je consens de l’accepter pour maître.

(Timagène s’en va, et le prince continue à parler à Laoniee.)

Et vous, on ma faveur voyefc ce cher objet,

Et tâchez d’abaisser ses yeux sur un sujet Qui peut-être aujourd’hui porterait la. couronne,

S’il n’attachait les siens à sa seule personne,

Et ne la préférait à cet illustre rang Pour qui les plus grands cœurs prodiguent tout leur sang. (Timagène rentre sur le théâtre.)

TIMAGÈNE

Seigneur, le prince vient; et votre amour lui-même Lui peut sans interprète offrir le diadème.

ANTIOGÏIUS.

Ah ! je tremble ; et la peur d’un trop juste refus Rend ma langue muette et mon esprit confus.

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