‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 157 sur 417 · SCÈNE y · texte numérisé non relu

SCÈNE y

D. ISABELLE

Quel est ce mouvement qui tous deux les mutine. Lorsque l’obéissance au trône les destine ?

Est-ce orgueil? est-ce envie? est-ce animosité.

Défiance, mépris, ou générosité?

N’est-ce point que le ciel ne consent quavec peine Cette triste union d’un sujet à sa reine ,

Et jette un prompt obstacle aux plus aisés desseins Qni laissent choir mon sceptre en leurs indignes mains?

DON S ANCHE

Mes yeux n’ont-ils horreur’d’une telle bassesse Que pour s’abaisser trop lorsque je les abaisse?

Quel destin à ma gloire oppose mon ardeur?

Quel destin à ma flamme oppose ma grandeur?

Si ce n’est que par là que je m’en puis défendre ,

Ciel , laisse-moi donner ce que je n’ose prendre;

Et, puisque enfin pour moi tu n’as point fait de rois , Souffre de mes sujets le moins indigne choix.

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