‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 161 sur 417 · ACTE IV, SCÈNE H · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE H

Deux reines qu’à Terni nous voyons l’estimer,

Et qui peut-être ont peine à 11e le pas aimer ;

Ce prompt consentement d’un peuple qui l’adore : Madame , après cela j’ose le dire encore ,

Ou le ciel pour jamais a repris ce héros ,

Ou cet illustre prince est le vaillant Carlos.

Nous avons méprisé sa naissance inconnue ;

Mais à ce peu de jour nous recouvrons la vue,

Et verrions à regret qu’il fallût aujourd’hui Céder notre espérance à tout autre qu’à lui.

D. LÉONOR

11 en a le mérite , et non pas la naissance;

Et lui-même il en donne assez de connaissance , Abandonnant la reine à choisir parmi vous *

Un roi pour la Castille, et pour elle un époux.

D. MANRIQUE

Et ne voyez-vous pas que sa valeur s’apprête A faire sur tous trois cette illustre conquête? Oubliez-vous déjà qu’il a dit à vos yeux Qu’il ne veut rien devoir au nom de ses aïeux ?

Son grand cœur se dérobe à ce haut avantage ,

Pour devoir sa grandeur entière à son courage ;

Dans une cour si belle et si pleine d’appas ,

Avez-vous remarqué qu’il aime en lieu plus bas ?

i>. LÉONOR.

Le voici , nous saurons ce que lui-même en pense. '

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