‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 167 sur 417 · D. ISABELLE, CARLOS, BLANCHE · texte numérisé non relu

D. ISABELLE, CARLOS, BLANCHE

CARLOS

Madame , commandez qu’on me laisse en repos ,

Qu’on ne confonde plus don Sanche avec Carlos ; C’est faire au nom d’un prince une trop longue injure Je ne veux que celui de votre créature ;

Et si le sort jaloux , qui semble me flatter ,

Veut m’élever plus haut pour m’en précipiter , Souffrez qu’en m’éloignant je dérobe ma tête - A l’indigne revers que sa fureur m’apprête.

Je le vois de trop loin pour l'attendre en ce lieu; Souffrez que je l’évite en vous disant adieu ;

Souffrez...

D. ISABELLE

Quoi ! ce grand cœur redoute une couronne Quand on le croit monarque , il frémit , il s’étonne !

11 veut fuir cette gloire , et se laisse alarmer De ce que sa vertu force d’en présumer !

CARLOS

Ah! vous ne voyez pas que cette erreur commune N’est qu’une trahison de ma bonne fortune ;

Que déjà mes secrets sont à demi trahis.

Je lui cachais en vain ma race et mon pays :

En vain sous un faux nom je me faisais connaître , Pour lui faire oublier ce qu’elle m’a fait naître;

Elle a déjà trouvé mon pays et mon nom.

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