‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 218 sur 417 · ARSINOÉ, NICOMÈDE, ATTALE, ARASEE · texte numérisé non relu

ARSINOÉ, NICOMÈDE, ATTALE, ARASEE

ARASPE

Seigneur, le roi vous mande.

NICOMÈDE

Il me mande?

ARASPE

Oui , seigneur.

ARSINOÉ

Prince, la calomnie est aisée à détruire.

NICOMÈDE

J’ignore à quel sujet vous m’en venez instruire , Moi qui ne doute point de cette vérité ,

Madame.

ARSINOÉ

Si jamais vous n’en aviez douté ,

Prince, vous n’auriez pas , sous l’espoir qui vous flatte, Amené de si loin Zénon et Métrobate.

NICOMÈDE

Je m’obstinais , madame, atout dissimuler;

Mais vous m’avez forcé de les faire parler.

ARSINOÉ

La vérité les force , et mieux que vos largesses.

Ces hommes du commun tiennent mal leurs promesses Tous deux en ont plus dit qu’ils n’avaient résolu.

j’en suis fâché pour vous , mais vous l’avez voulu,

ARSINOÉ

Je le veux bien encore, et je n’en suis fâchée Que d’avoir vu par là votre vertu tachée,

Et qu’il faille ajouter à vos titres d’honneur La noble qualité de mauvais suborneur.

NICOMÈDE

Je les ai subornés contre vous à ce compte ?

ARSINOÉ

J’en ai le déplaisir, vous en aurez la honte.

NICOMÈDE

Et vous pensez par là leur ôter tout crédit?

ARSINOÉ

Non , seigneur ; je me tiens à ce qu’ils en ont dit.

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